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Analyse : la production d’électricité a été historiquement basse en 2022

Rte a publié en février son bilan électrique national pour l’année 2022. L’occasion de revenir sur cette année historique, aussi bien sur le plan de la production que de la consommation.  

La menace sur l’approvisionnement liée à la guerre en Ukraine

Un des évènements majeurs de l’année 2022 concernant l’énergie reste la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Les échanges de gaz ont constitué une pression géopolitique certaine, aussi bien de la part de la Russie que de l’Europe. Au fur et à mesure de l’année, la Russie a stoppé ses exports de gaz vers différents pays européens. Toutefois, puisque le prix de l’électricité est fixé sur celui du gaz (dont le prix a explosé), le prix de l’électricité a nécessairement augmenté à son tour. C’est la sécurité énergétique toute entière qui a inquiété en Europe.

Pourquoi la production électrique a été historiquement basse en 2022 ?

La production française d’électricité a été impactée par différents facteurs sur l’année 2022. Voici les principaux :

Le parc nucléaire français a fait défaut

Depuis la fin 2021 un problème générique a été découvert sur plusieurs centrales nucléaires. Il concerne un phénomène de corrosion sur les systèmes de refroidissement des dernières centrales. En conséquence, un très grand nombre de centrales ont été mises à l’arrêt afin de vérifier l’état des réacteurs. De plus, les travaux prévus dans le cadre du Grand Carénage se sont parfois éternisés. En conséquence, la production nucléaire a diminué de 82 TWh par rapport à 2021. Le volume de 279 TWh d’électricité nucléaire produite correspond au volume le plus faible enregistré depuis 1988.

Le point le plus critique a été atteint en août 2022 lorsque 65% du parc nucléaire était à l’arrêt, ce qui représente une disponibilité record de 21,7 GW.

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Une sécheresse importante en Europe 

Les épisodes de sécheresse du printemps et de l’été ainsi que les faibles précipitations l’hiver précédent ont fortement impacté la production hydraulique. Celle-ci a diminué de 12 TWh en comparaison à l’année 2021. Il s’agit de la production la plus faible depuis 1976. Malgré cela, la production hydraulique reste la deuxième source de production électrique en France derrière le nucléaire.

En conséquence, pour la première fois depuis 1980, la France a été importatrice nette d’électricité. Nous avons importé 16,5 TWh d’électricité, principalement sur les mois de juillet, août et septembre.

Les efforts de réduction de consommation ont-ils fonctionné en 2022 ?

En comparaison à une moyenne d’avant crise sanitaire (entre 2014 – 2019), Rte a mesuré une réduction de la consommation électrique de 4,2% au cours de l’année 2022. Sur les derniers mois de l’année (ou les risques sur l’approvisionnement étaient les plus forts), cette diminution atteint même 9%. Le volume total d’électricité consommé a été de 459,3 TWh.

À noter que le volume de consommation est également inférieur à celui de 2020 qui avait pourtant été marquée par une baisse de l’activité économique.

Le principal acteur de cette réduction de consommation reste le secteur industriel. En effet, certaines de ces entreprises grandes consommatrices d’énergie n’ont pas eu d’autres choix que de moduler et de réduire leur consommation d’électricité pour faire face à la hausse des prix. Sur les derniers mois de l’année, la métallurgie par exemple a réduit de 20% sa consommation d’électricité. Cette réduction a aussi été visible, à moindre mesure, sur les secteurs résidentiels et tertiaires.

Le système électrique français a tenu

Malgré la diminution de la production constatée sur l’année 2022, la réduction de la consommation ainsi que la continuité des échanges entre pays a permis de conserver une relative stabilité. Les coupures d’électricité annoncées pour janvier n’ont pas eu lieu car c’est le système entier qui a su faire preuve de résilience.

L’accent a été mis sur le renouvelable

En 2022, ce sont 5,6 GW d’installations renouvelables qui ont été mises en service, du jamais vu en France. Les efforts se sont principalement constatés sur les filières éoliennes et solaires qui, à elles deux, représentent 5 GW de puissance installée sur l’année. C’est le photovoltaïque solaire qui a le vent en poupe puisque ce parc atteint désormais 15,7 GW de puissance, soit une augmentation de 2,6 GW en un an.

À noter également que la France a mis en service son premier parc éolien en mer. Il se trouve à Saint Nazaire et représente une puissance de 480 MW.

Quel avenir pour le mix électrique français en 2023 ?

Avec la remise en service progressive des centrales nucléaires françaises, la situation devrait retrouver un minimum de stabilité. La France est d’ailleurs récemment redevenue exportatrice nette d’électricité.

D’après Eylert Ellesfen de Energy Quantified, « [En moyenne], la France sera exportatrice nette tous les mois dans des conditions météorologiques normales et avec une production nucléaire de 315 TWh pour l’année ».

Le développement des énergies renouvelables devrait également permettre d’augmenter la production sur le territoire, même si la situation au niveau de la production hydraulique reste incertaine.

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