Hebdo de l’énergie : l’actualité des marchés du 22 mars 2024

Actualité marché énergie 2024 : bandeau du rapport hebdomadaire du marché français de l'énergie avec une date de clôture des prix au 22 mars 2024.

Nos experts vous présentent leur analyse complète de toute l’actualité sur les marchés de l’énergie à la date de clôture du 22 mars 2024.

Marché de l’électricité

Différentes fluctuations pour les prix de l’électricité pour 2025-2027

 

Prix de l'électricité au 22/03/2024
Prix de l’électricité au 22/03/2024

Les marchés de gros de l’électricité ont clôturé la semaine du 22 mars avec des écarts variables par rapport à la semaine précédente. Pour l’année 2025, le contrat de base a diminué de 0,36 €/MWh, s’établissant à 76,63 €/MWh, contre 76,99 €/MWh à la fermeture de la semaine passée. La tendance baissière s’est accentuée pour 2026, avec une réduction de 1,37 €/MWh, finalisant le contrat à 66,20 €/MWh. En revanche, 2027 a marqué une différence, présentant une légère hausse de 0,08 €/MWh pour atteindre 64,48 €/MWh.

Ces mouvements tarifaires témoignent de la dynamique changeante des marchés, réagissant possiblement aux variations des prévisions de consommation, aux stratégies de couverture des fournisseurs, et aux évolutions des coûts de production.

 

Recevoir l’Hebdo de l’Énergie

 
 
 

La Promesse de 60 ans : Le pari risqué d’EDF sur le nucléaire 

Luc Rémont, PDG d’EDF, a récemment annoncé lors du sommet nucléaire de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) que les 56 réacteurs nucléaires français devraient tous être capables de fonctionner pendant plus de 60 ans. Cette déclaration vient en opposition aux avertissements précédents de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), qui avait souligné que neuf réacteurs pourraient ne pas être exploitables au-delà de 50 ans pour des raisons de sûreté. Actuellement, l’ASN envisage de décider d’ici fin 2026 si une prolongation au-delà de 60 ans est techniquement faisable, compte tenu que les réacteurs français ont en moyenne 38 ans et se rapprochent de la fin de leur durée de vie initialement prévue de 40 ans.

La prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires a des implications significatives pour le marché de l’électricité, ceci permettra une stabilité de l’approvisionnement en électricité. En effet, cette capacité est cruciale pour répondre à la demande croissante et soutenir les objectifs de transition énergétique.

 

Fissures chez Blayais : Un signal d’alarme pour la sûreté nucléaire d’EDF ?

EDF a découvert des fissures dans les réacteurs Blayais 2 (910 MWH) en plus de Blayais 4 (910MWH) soulevant des questions sur la sûreté nucléaire et l’impact sur la production d’électricité. Ces fissures, mesurant environ 5 millimètres, ont été trouvées sur des soudures du circuit primaire lors des opérations de maintenance. Bien que qualifiées de « petits défauts de fatigue » par Christophe Depasse, directeur technique de la centrale, et ne dégradant pas le niveau de sûreté, ces découvertes ont conduit à un retard de trois mois sur le calendrier initial de maintenance de l’unité n°2.

Les arrêts imprévus ou prolongés, comme dans le cas de Blayais, peuvent avoir des répercussions significatives sur le marché de l’électricité comme l’augmentation des prix de l’électricité due à la réduction de l’offre ainsi qu’une dépendance a aux combustibles fossiles

Aujourd’hui, la capacité nucléaire française a récemment connu une baisse significative, se situant à 41,5 GW, soit 1,7 GW en dessous des prévisions d’EDF, avec 17 des 56 réacteurs à l’arrêt. Cette situation entraîne une production nucléaire représentant 63% de l’électricité française, en baisse par rapport aux mois précédents. EDF ajuste ses prévisions, s’attendant à une augmentation de la capacité disponible dans les semaines à venir

 

Nouvelle interconnexion France-UK, un projet revitalisé 

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a récemment modifié sa position sur la viabilité économique d’une nouvelle interconnexion électrique de 1 GW entre la France et le Royaume-Uni, reconnaissant désormais son intérêt économique sous certaines conditions. Cette réévaluation fait suite à l’analyse de quatre propositions, parmi lesquelles le projet de GetLink se distingue par sa performance en termes de pertes électriques et de  congestion, tout en présentant le moins de risques.

En permettant l’exportation d’énergie renouvelable excédentaire vers l’Europe, cette interconnexion remplacerait la production d’énergie thermique plus coûteuse, contribuant ainsi à la réduction des coûts du système électrique au niveau européen.

 

Conclusion sur le marché de l’électricité

Depuis ce début d’année 2024, le calendaire BASELOAD 2025 continue d’osciller entre 70€/MWh et 80€/MWh, ce qui témoigne d’une stabilité plutôt rassurante. 

Les légères hausses constatées récemment sur les différents calendaires, sont justifiées principalement par l’arrêt ou le fonctionnement partiel de certains réacteurs nucléaires, dû à l’apparition de fissures. 

Malgré ces contraintes techniques, la sollicitation progressive du renouvelable permet de compenser ces hausses, et donc de réduire considérablement les tensions sur le marché de l’électricité

À plus long-terme, les nouvelles sont plutôt bonnes, étant donné que nous apprenons que les réacteurs nucléaires français bénéficieront une longévité plus importante que prévue.

 

 
 
 

Marché du gaz

Une hausse modérée des prix du gaz pour 2025-2027

 

Prix du gaz au 22/03/2024
Prix du gaz au 22/03/2024
 

Les contrats de base pour le gaz ont tous enregistré une hausse lors de la clôture de la semaine : le contrat 2025 a augmenté de 0,80 €/MWh pour atteindre 30,379 €/MWh, celui de 2026 a connu une hausse moindre de 0,447 €/MWh, s’établissant à 28,395 €/MWh, et le contrat 2027 a légèrement grimpé de 0,269 €/MWh pour clôturer à 26,654 €/MWh.

Ces augmentations suggèrent une tension croissante sur les prix du gaz, probablement influencée par les anticipations du marché quant à la demande future et aux éventuelles contraintes d’approvisionnement.

 

L’impact de Freeport LNG en Europe

Le redémarrage du troisième train de liquéfaction de Freeport LNG, le deuxième plus grand terminal d’exportation de GNL aux États-Unis, marque un tournant crucial pour l’industrie du GNL, particulièrement pour le marché européen. Après un arrêt dû à des dommages causés par le gel en janvier, ce retour à l’activité intervient alors que les deux autres unités sont encore en maintenance, avec une reprise complète prévue en mai. Ce redémarrage pourrait signaler une stabilisation future de l’approvisionnement en GNL, après une période de fluctuations marquées par une réduction significative des volumes fournis à l’Europe : de 1,3 Gm3 en décembre à seulement 0,8 Gm3 en février, selon Kpler.

Les implications de cette reprise sont profondes pour le marché du gaz. Les États-Unis, étant le premier fournisseur de GNL de l’Europe, jouent un rôle crucial dans la diversification de l’approvisionnement énergétique de la région, surtout dans le contexte actuel de recherche d’alternatives aux sources d’énergie russes.

 

Les attaques Russe visant des centrales thermiques Ukrainiennes 

Les récentes attaques de la Russie ayant eu lieu ce week-end sur l’infrastructure énergétique de l’Ukraine, ciblant notamment les centrales thermiques, ont engendré d’importants dommages estimés à 12 milliards de dollars par la Banque mondiale. Cette stratégie agressive a eu pour effet non seulement de déstabiliser l’approvisionnement et la disponibilité en énergie en Ukraine mais aussi de perturber le marché européen de l’énergie, en particulier concernant l’approvisionnement et les prix du gaz naturel. 

Historiquement, l’Ukraine a joué un rôle clé dans le transit du gaz russe vers l’Europe, avec des contrats prévoyant la continuation de ce transit jusqu’à fin 2024. Toutefois, en raison du conflit en cours et des efforts déployés par l’Union européenne pour réduire sa dépendance au gaz russe, l’avenir de cet arrangement après 2024 est fortement incertain. Les volumes transités actuellement sont bien inférieurs aux volumes contractés auparavant.  

Le paysage de l’énergie, en particulier en Europe, évolue dynamiquement en réponse au conflit. Les structures de marché, les stratégies énergétiques et le paysage géopolitique sont tous en mutation rapide. Investisseurs, décideurs et entreprises énergétiques doivent naviguer dans cette complexité, équilibrant les besoins immédiats de sécurité énergétique avec les objectifs à long terme de durabilité et de résilience.

 

Conclusion sur le marché du gaz

A court/moyen terme, la reprise de production de GNL aux Etats-Unis, pourrait compenser le déficit d’approvisionnement provenant de Russie et d’Ukraine, à la suite des tensions géopolitiques qui se sont récemment intensifiées.

 

Le blog Capitole Énergie

Ces autres articles peuvent vous intéresser

Découvrez tous nos autres articles de blog sur le sujet.

Retour en haut