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Hebdo de l’énergie : l’actualité des marchés du 07 juin 2024

Analyse du marché de l'énergie 07 juin 2024
 

Nos experts vous présentent leur analyse complète de toute l’actualité sur les marchés de l’énergie à la date de clôture du 07 juin 2024.

Marché de l’électricité

La surproduction Française

Prix de l'électricité au 07 juin 2024

 

Les prix de clôture de l’électricité au vendredi 7 juin en France ont tous enregistréune baisse, avec un horizon particulièrement marqué : le CAL 25.

En effet, le prix de l’électricité pour 2025 a perdu 10,4 % de sa valeur, retrouvant ainsi les niveaux de début avril. Pour 2026 et 2027, les prix ont subi une baisse plus modérée de 2,9 % et 3,8 %, respectivement, reflétant les hausses moins prononcées des semaines précédentes.

Ce retournement, notamment pour l’échéance 2025, indique que la hausse des semaines précédentes était surestimée, nécessitant une violente correction à la baisse. Cette évolution reste toujours décorrélée des échéances plus lointaines, qui subissent moins la volatilité des marchés.

 

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Les exportations d’électricité françaises atteignent un sommet depuis 2012

Malgré des restrictions depuis plusieurs mois, les exportations nettes d’électricité de la France ont atteint 9,2 TWh en mai, un record mensuel depuis 2012. Cette performance exceptionnelle découle principalement d’une augmentation significative de la production d’électricité nucléaire, solaire et hydroélectrique, combinée à une demande intérieure faible.

En effet, depuis le début de l’année, la production d’électricité nucléaire, solaire et hydroélectrique a augmenté de 24 TWh par rapport à la même période en 2023. En particulier, la production nucléaire a progressé de 10,5 %, atteignant son plus haut niveau pour un mois de mai depuis 2019. Les échanges physiques d’électricité avec les pays voisins ont presque triplé, atteignant 31,8 TWh de janvier à mai.

Cette surproduction a permis à la France d’exporter de l’électricité à bas coût, soutenant ainsi les prix nationaux et limitant la hausse des prix dans les pays voisins.

Grâce à ces exportations, nous avons participé à stabiliser le marché européen de l’énergie en fournissant une source fiable et économique d’électricité, contribuant à atténuer les fluctuations de prix et à renforcer la sécurité énergétique de la région.

 

La France poursuit son développement dans l’électricité décarbonée

Alors que la mise en service de l’EPR de Flamanville approche, le gouvernement Macron vient d’officialiser, à la suite d’une autorisation environnementale, la construction de deux réacteurs EPR2 à la centrale de Penly en Seine-Maritime.
Les premiers travaux préparatoires d’aménagement des lieux vont pouvoir commencer et devraient durer entre 3 et 5 ans.

Ce projet s’inscrit dans le plan de relance du nucléaire en France, initié par le président Emmanuel Macron. Ce plan prévoit la construction d’au moins six réacteurs EPR2 d’ici 2035-2037, avec un budget récemment revu à la hausse à 67,4 milliards d’euros.

La finalisation du projet de Flamanville, ainsi que toutes les difficultés qui ont entraîné 12 ans de retard et un coût quatre fois plus élevé que prévu, devraient servir de leçon pour éviter de répéter les mêmes erreurs avec les EPR2.

 

Rachat de la branche nucléaire de GE par EDF 

EDF a finalisé l’acquisition des activités nucléaires de General Electric en France, incluant la maintenance et la fabrication des turbines Arabelle, les plus puissantes turbines à vapeur au monde.

Macron a annoncé qu’il détaillera un programme nucléaire plus ambitieux d’ici la fin de l’année, anticipant une augmentation de la consommation d’électricité en raison des innovations technologiques et de la réindustrialisation, en plus des nouveaux réacteurs prévus.

 

Conclusion sur le marché de l’électricité

Alors que le gaz continue de subir une forte pression haussière en raison des événements au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, l’électricité suit un tout autre chemin. Bien que le gaz soit un facteur déterminant pour les prix de l’électricité, les fondamentaux en France semblent reprendre le dessus, et une correction à la baisse est en train de se dessiner. L’emballement haussier était sans doute trop rapide et violent, ne reflétant pas exactement la situation du pays. Ainsi, une baisse des prix permet de mieux correspondre à notre état actuel, qui est relativement serein.

L’année 2025 a connu la plus forte augmentation des prix, il est donc normal qu’elle subisse une correction plus significative. Il est essentiel de saisir ces occasions de repli technique sur un marché volatile afin de conclure les contrats pour l’année à venir… Pour rappel, malgré des restrictions d’exportation à 70 %, la France est en surplus d’électricité depuis le début de l’année et vient d’atteindre un niveau record d’exportations depuis 2012.

Cependant, il est important de rester vigilant. Si les prix du gaz et du CO2 continuent de monter dans les prochaines semaines, les prix de l’électricité suivront nécessairement la même direction. Dans le cas contraire, une poursuite de la baisse est envisageable.

– Clément Tuffery

Analyste Pricing chez Capitole Energie

 
 

Marché du gaz

La Norvège, au cœur de l’actualité

Évolution prix élec mai 2024

Sur le marché gazier, les prix de clôture desdifférents produits calendaires en France sont repartis à la baisse pendant la semaine 23.

Pour l’année 2025, le prix du gaz se fixe à 35,42€/MWh, marquant une baisse de 4,2 % par rapport à la clôture de la semaine 22. Sur les années 2026 et 2027,nous pouvons aussi remarquer une diminution des prix, mais dans des proportions moindres, soit respectivement 2,8 % et 1,6 %.

Comme pour l’électricité, ce constat témoigne d’une stabilité plus importante sur le long terme.

 

La Norvège, un levier stratégique de la stabilité des prix sur le marché du gaz 

Dès le lundi 3 juin, le PEG CAL 25 subissait une légère hausse. En effet, la fermeture du gazoduc Langeledre liant la Norvège au Royaume-Uni, en constitue la principale raison. Cet incident s’est déroulé à la suite de problèmes opérationnels sur la plateforme Sleipner Riser, qui ont engendré une réduction significative des volumes de gaz livrés. La réduction de volumes a porté sur environ 30 millions de m3 le dimanche 2 juin et 50 millions de m3 lundi 3 juin.

La tendance a pu s’inverser très rapidement dans la semaine, une fois que ce problème technique fût résolu et qui s’est avéré moins important qu’annoncé. Étant consciente qu’elle est devenue le partenaire numéro un de l’UE en termes d’approvisionnement en gaz, la Norvège prend son rôle très à cœur. Elle prévoit une augmentation rapide des exportations de gaz vers la Grande-Bretagne via le pipeline Langeled, ce qui permettra de sécuriser l’approvisionnement en cas de future potentielle panne.

 

Le Qatar se joint à la danse 

En fin d’année, expire l’accord de transit gazier entre l’Ukraine et la Russie. Celui-ci étant nécessaire à l’approvisionnement en gaz de l’UE. Cela libère donc des parts de marché non négligeables sur le marché du GNL. Le Qatar saisit donc cette opportunité en signant plusieurs accords de fourniture de GNL à long terme au cours des derniers mois, avec des entreprises telles que Total Energies ou Shell par exemple.

Grâce à ces nouvelles collaborations, le Qatar se positionne non seulement comme un fournisseur clé pour ses partenaires asiatiques, mais également comme une alternative viable pour les marchés européens en quête de diversification énergétique.

 

La France, retarde sa transition énergétique 

Actuellement, le fait que le GNL se développe considérablement est plutôt une bonne nouvelle. En effet, la France prend du retard concernant ses objectifs de transition énergétique. Elle devrait manquer de cinq ans son objectif de capacité d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène, en installant 6,5 GW d’ici 2035 plutôt que 2030. L’hydrogène reste une solution majeure pour la décarbonation, en particulier pour l’industrie et les mobilités lourdes. Cette énergie, dans le futur pourrait permettre de substituer progressivement au gaz.

 

Tensions entre les Occidentaux et la Hongrie

La Hongrie ne prévoit pas d’abandonner ses importations de gaz naturel en provenance de Russie et cherche à approfondir ses relations commerciales avec Moscou, notamment dans des domaines non sanctionnés. Le ministre hongrois des affaires étrangères, Peter Szijjarto, a réaffirmé l’importance de l’approvisionnement en gaz russe pour la Hongrie.

La position de la Hongrie a suscité de vives critiques de la part de Washington et a mis en colère les alliés de l’UE et de l’OTAN, en raison de ses relations amicales avec la Russie et de son refus d’envoyer des armes à l’Ukraine.

 

Conclusion sur le marché du gaz

Depuis janvier, le marché du gaz était plutôt stable. Cependant entre avril et mai, les prix ont traversé d’importances turbulences, ou la barre des 40€/MWh a été frôlée. Les différents événements au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, ainsi que les quelques problèmes techniques au sein des infrastructures norvégiennes en sont les principales raisons.

Sur cette première semaine de juin, les différents calendaires se reprennent légèrement, grâce notamment à une reprise optimale de l’activité norvégienne.

Malgré cette bonne nouvelle, le système gazier reste encore fragile actuellement. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une potentielle hausse sur les prochains mois. Les conflits sont toujours aussi intenses au Moyen Orient. Cette actualité géopolitique, estsusceptible de perturber les exportations de gaz provenant d’Israël, vers l’Europe.Le marché du gaz est fortement impacté car le conflit s’internationalise. Le président colombien par exemple, adéclaré suspendre ses prochaines exportations de charbon vers Israël, tant que la guerre se poursuivra.Cette décision pourrait engendrer une sollicitation plus accrue du gaz en Israël, au détriment du charbon. Enfin, nous arrivons aussi sur une période en Europe, où il sera nécessaire de remplir les stocks de gaz, ce qui pourrait rajouter des tensions supplémentaires sur les marchés.

A moyen, plus long-terme, les prévisions restent tout de même bonnes. Les différents projets concernant le GNL et l’hydrogène, permettent de rassurer l’ensemble des acteurs de l’Energie.

Yanice Meguenni, 

Analyste Pricing chez Capitole Energie

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Marché du pétrole

OPEP+ change de stratégie et fait chuter le prix du pétrole

Évolution prix pétrole mai 2024

On observe une chute des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, le Brent passe sous la barre symbolique des 80 $/bbl après que l’OPEP+ ait signalé son intention d’augmenter progressivement la production à partir du quatrième trimestre de 2024.

L’OPEP+ a changé de cap stratégique en passant d’une concentration sur la réduction des stocks excédentaires et le maintien des prix élevés à une volonté de stabiliser, voire de regagner des parts de marché perdues au profit de producteurs rivaux. Cette décision vise à freiner la croissance de la production chez les concurrents, notamment le secteur du schiste américain. Cependant, le ministre saoudien de l’énergie a indiqué que cette augmentation pourrait être ajustée selon la demande.

Les stocks de pétrole brut, d’essence et de produits distillés ont augmenté aux États-Unis, selon des sources citant les chiffres de l’American Petroleum Institute. Ces données ont surpris les analystes et ont contribué à maintenir la pression sur les prix du pétrole.

 

Les autres marchés

267 millions de quotas carbone en moins en Europe

La Commission européenne prévoit de supprimer 267 millions de quotas d’émissions carbone du système d’échange (EU-ETS) entre septembre 2024 et août 2025, ce qui correspond à 24 % de l’estimation du nombre total de quotas en circulation de l’année précédente.
Les quotas supprimés seront transférés à la réserve de stabilité du marché (MSR) afin d’absorber un surplus de quotas depuis 2019. Le fonctionnement de la MSR a été modifié l’année dernière pour aligner le marché des quotas carbone avec l’objectif de réduction des émissions de l’UE de 55 % d’ici 2030.

En plus de la suppression de quotas, la Commission européenne a également annulé 382 millions de quotas contenus dans la MSR depuis le début de l’année, et environ 27 millions de quotas ont été réservés pour un fonds d’innovation visant à soutenir des projets à faible teneur en carbone. La prochaine mise à jour sur le statut du nombre total de quotas en circulation est prévue pour juin 2025.

 

L’Inde frappée par une canicule intense à plus de 50°C

En raison de la chaleur étouffante et des mesures prises par les pouvoirs publics, la demande d’électricité au gaz augmente rapidement en Inde. La production d’électricité au gaz a doublé en avril et en mai par rapport à l’année précédente, réduisant la part de l’électricité produite à partir de charbon pour la première fois depuis la pandémie de COVID-19.

Pour répondre à cette demande croissante, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) augmentent également. Les importations de GNL par l’Inde ont atteint leur niveau le plus élevé depuis octobre 2020, et la demande devrait continuer à augmenter, avec des importations prévues pour dépasser 28 millions de tonnes métriques en 2025.
Bien que le gaz offre une flexibilité et une régulation plus rapides que d’autres sources d’énergie telles que le solaire et l’éolien, la production insuffisante de gaz local et les coûts plus élevés par rapport au charbon restent des défis.

 

Zoom énergie verte

Les avancés énergétiques de la France

Les avancés énergétiques
de la France

 

La France a franchi une étape importante dans l’expansion de sa capacité éolienne offshore avec l’inauguration de son troisième parc éolien en mer, ajoutant 497 MW à son portefeuille d’énergies renouvelables. Ce développement s’inscrit dans le cadre de l’objectif ambitieux de la France d’atteindre une capacité éolienne offshore de 40 GW d’ici 2050, répartis sur 50 parcs éoliens. Actuellement, la France prévoit d’organiser des enchères pour au moins 2 GW de nouvelle capacité éolienne offshore chaque année à partir de 2025.

Les nouveaux projets éoliens offshore, y compris deux appels d’offres récents d’une capacité combinée de 2,5 GW, devraient alimenter environ 700 000 foyers par an. Ces projets sont essentiels pour atteindre les objectifs climatiques de la France et soutenir l’objectif de l’Union européenne de devenir neutre en carbone d’ici 2050.

Avec l’augmentation de la capacité des énergies renouvelables, la dépendance de la France aux combustibles fossiles sera réduite, améliorant ainsi la sécurité énergétique. La croissance constante de la capacité éolienne offshore aidera à stabiliser les prix de l’électricité en fournissant une source d’énergie propre, stable et prévisible.

De plus, le développement de l’énergie éolienne offshore devrait attirer des investissements considérables, estimés à plus de 40 milliards d’euros, et créer plus de 20 000 emplois d’ici 2035. Cette croissance renforcera l’économie locale et contribuera au développement d’une infrastructure énergétique renouvelable robuste.

En plus des avancées en éolien, la France a dépassé son objectif solaire pour 2023. Au premier trimestre 2024, la capacité solaire du pays avait augmenté de 1,1 GW, atteignant un total de 20,6 GW. Cette réalisation dépasse l’objectif fixé par le Plan Pluriannuel de l’Énergie (PPE), soulignant l’engagement de la nation à étendre ses capacités en énergies renouvelables.

La France compte 26,9 GW de projets solaires en cours d’examen, dont 6 GW à un stade avancé. Malgré ces avancées, la production d’énergie solaire en mai est restée stable par rapport à l’année précédente, ce qui souligne la nécessité de continuer à investir et à innover dans ce secteur.

 
 

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