CRE | Mise à jour du 13/01/2026
Dans le cadre de la mise en place du futur Versement Nucléaire Universel (VNU), la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié mardi 13 janvier 2026 sa première estimation des revenus annuels du parc nucléaire historique d’EDF pour l’année civile 2027. Cette publication s’inscrit dans les obligations définies par la loi de finances pour 2025 et les articles du Code de l’énergie, qui imposent à la CRE de publier des estimations à différents horizons avant l’année de livraison.
La méthode retenue repose sur l’agrégation de quatre composantes de revenus : les transactions déjà sécurisées, les contrats long terme, la valorisation prévisionnelle de la production non encore couverte, et la valeur associée à la modulation du parc en temps réel. Compte tenu des incertitudes naturelles à douze mois de l’échéance, la CRE a choisi de retenir la moyenne des nombreux scénarios générés pour parvenir à une estimation stabilisée.
Sur cette base, le régulateur estime que le parc nucléaire d’EDF devrait générer en 2027 environ 21,94 milliards d’euros de revenus, correspondant à un prix moyen de 60,94 euros par mégawattheure pour une production cible de 360 TWh. La CRE souligne cependant que ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, l’incertitude restant forte à ce stade de projection.
Ce premier point chiffré constitue une étape clé pour calibrer le mécanisme de minoration tarifaire du VNU, qui vise à redistribuer une partie des bénéfices du nucléaire aux consommateurs, indépendamment de leur fournisseur. La CRE actualisera ces estimations à mesure que l’on se rapprochera de 2027, conformément au calendrier légal.
La CRE dévoile le coût complet du nucléaire historique pour 2026-2028 : implications pour le secteur
Paris, 30 septembre 2025 — La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie aujourd’hui son évaluation du coût complet de production de l’électricité nucléaire historique (installations autorisées avant le 1ᵉʳ janvier 2026) pour la période 2026-2028, dans le cadre de la fin de l’accessibilité régulée à l’électricité nucléaire (ARENH) prévue au 31 décembre 2025.
Cette évaluation fixe, à des fins réglementaires, le coût complet de production du nucléaire historique : 60,3 €/MWh en euros de 2026 (équivalant à ~61,5 €/MWh en euros courants). Dans la foulée, la CRE avance que pour la période 2029-2031, ce coût pourrait grimper à 63,4 €/MWh (en €2026), soit ~68,4 €/MWh en valeurs courantes.
Point à retenir
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié son évaluation du coût complet de production de l’électricité nucléaire historique pour 2026‑2028, fixé à 60,3 €/MWh.
Ce chiffre servira de référence pour le versement nucléaire universel (VNU) et marque la fin de l’accès régulé à l’électricité nucléaire (ARENH) à partir de 2026.
L’évaluation prend en compte 57 tranches nucléaires, dont Flamanville 3, et inclut les charges d’exploitation, d’investissement ainsi que certaines provisions extra-comptables.
Elle offre à l’ensemble du secteur une base transparente pour le calcul du VNU, encadre les revenus excédentaires d’EDF, apporte de la visibilité sur la structure des coûts et soutient la planification des futurs investissements nucléaires, sans constituer une référence directe dans les négociations commerciales ni un impact automatique sur la facture d’électricité.
Contexte et cadre réglementaire
Fin de l’ARENH et transition vers un nouveau dispositif
L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) prendra fin le 31 décembre 2025. À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, les fournisseurs d’électricité devront s’approvisionner sur les marchés ou via leurs propres moyens de production.
Afin d’accompagner cette transition, la loi de finances pour 2025 institue un mécanisme de versement nucléaire universel (VNU), devant être alimenté par une taxation selon des seuils définis autour du coût complet du nucléaire. La CRE devra publier au moins tous les trois ans une évaluation de ce coût complet, servant de base de calcul à ces mécanismes.
57 tranches prises en compte
Le parc nucléaire historique retenu dans l’évaluation comprend 57 tranches, incluant la tranche Flamanville 3 (FLA3), mais excluant les futures unités EPR2. La méthodologie adoptée repose sur la valorisation de la production d’EDF dans un contexte de marché — une divergence notable par rapport au cadre du rapport 2023 (où un mécanisme de contrat pour différence était envisagé).
La CRE s’appuie également sur un décret récemment promulgué (décret n°2025-910 du 5 septembre 2025) pour encadrer les principes méthodologiques de l’évaluation.
Décomposition du coût complet : ce que retient la CRE
L’évaluation du coût complet combine plusieurs composantes de coûts :
- Charges comptables d’exploitation : carburant, achats externes, personnel, fonctions support, etc.
- Charges comptables d’investissement / capital : amortissements, rémunération du capital (CMPC), coûts de portage du stock, etc.
- Composantes extracomptables : notamment le rattrapage des effets de la réforme des retraites de 2004 (intégrée dans le coût complet retenu). Les charges de post-exploitation (démantèlement, déchets) ne sont, pour l’heure, intégrées qu’en cas de provisionnement effectif par EDF.
Pour 2026-2028, le coût complet s’articule ainsi :
- Charges comptables d’exploitation : ~ 30,6 €/MWh
- Charges comptables d’investissement : ~ 28,3 €/MWh
- Rattrapage retraites : ~ 1,5 €/MWh
La CRE note aussi que la mise à jour de la puissance utile de FLA3 (Flamanville 3) induit une légère baisse du coût (~ – 0,03 €/MWh sur 2026-2028).
D’autre part, EDF avait initialement déclaré des coûts plus élevés (79,6 €/MWh pour 2026-2028, en €2026) incluant des briques extra-comptables exclues par le périmètre légal. La CRE corrige ces déclarations, notamment en ajustant le CMPC (le coût du capital) plus raisonnablement, pour ramener les coûts déclarés ajustés à ~ 64,4 €/MWh. Elle retient au final son propre ajustement de – 4,1 €/MWh pour fixer le coût à 60,3 €/MWh.
Concernant la production nucléaire projetée, la CRE s’aligne globalement avec les propositions d’EDF (ajustées à la hausse pour FLA3), en retenant une production de 362 TWh pour 2026-2028, correspondant à un taux de disponibilité moyen de 73,2 % et un taux d’utilisation de 89,6 %. Pour 2029-2031, la CRE prévoit 358,4 TWh.
Le rôle de ce coût dans le mécanisme du VNU
L’évaluation du coût complet est au cœur du mécanisme de versement nucléaire universel (VNU) :
-
Si les revenus d’EDF issus de la vente d’électricité nucléaire historique dépassent deux seuils, une taxation s’appliquera à 50 % ou 90 %, calculée comme : coût complet + [5 à 25 €/MWh] pour la taxation, et coût complet + [35 à 55 €/MWh] pour l’écrêtement.
- Ensuite, les recettes ainsi générées seront redistribuées aux consommateurs sous forme de minoration des tarifs de l’électricité.
La CRE précise que le niveau de ces seuils sera défini par arrêté conjoint des ministres chargés de l’économie et de l’énergie, en veillant à ce que le dispositif permette à EDF de financer ses investissements futurs tout en profitant aux consommateurs.
Enjeux, opportunités et risques pour le secteur
— Pour les acteurs de l’électricité
Ce coût complet (60,3 €/MWh) sert de référence réglementaire, en particulier pour la fixation des seuils du mécanisme de versement nucléaire universel (VNU). Les fournisseurs devront anticiper la disparition de l’ARENH et intégrer ce nouveau cadre dans leurs équations de rentabilité.
— Pour EDF
La méthode de la CRE modère les coûts revendiqués par EDF, en particulier via un ajustement du CMPC et des retraites. Le défi pour EDF sera de concilier ses objectifs de rentabilité, d’investissement (maintenance, prolongation, nouveaux EPR) et d’acceptabilité réglementaire.
— Pour les consommateurs
Le VNU vise à redistribuer une partie des revenus du nucléaire lorsque les prix d’électricité sont élevés, ce qui peut alléger la facture finale. En parallèle, la transparence du coût complet contribue à renforcer la confiance dans la régulation du secteur.
Risques et incertitudes
La trajectoire de production nucléaire (arrêts techniques, modulations économiques, performance de FLA3) est sujette à des aléas industriels.
L’évolution des coûts de capital (CMPC) ou de certaines hypothèses de marché pourraient remettre en cause les marges.
Le pilotage réglementaire (ajustement intra-période, décret fixant les seuils de taxation) sera crucial pour la stabilité du mécanisme.
Conclusion
Cette évaluation à 60,3 €/MWh constitue la base servant au calcul du VNU et éclaire, sans préjuger directement les stratégies contractuelles des acteurs, l’environnement économique du nucléaire historique.
Pour Capitole Energie, comme pour l’ensemble des acteurs du marché, il s’agit d’un signal fort : l’époque des prix régulés s’achève, celle de la régulation par les coûts et la redistribution commence.
🔗 Sources officielles :
– Communiqué de presse de la CRE
– Rapport CRE
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Autrice de cet article
Manon Jammes
Diplômée d’un master à Toulouse School of Management, Manon a développé une solide expérience en marketing digital et communication, notamment comme consultante, avant de rejoindre Capitole Energie en 2023. Aujourd’hui Responsable Communication, elle pilote avec énergie son équipe et les actions qui renforcent notre visibilité, tout en valorisant notre engagement auprès de nos clients et partenaires.