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Hebdo de l’énergie : l’actualité des marchés du 19 avril 2024

Graphique intitulé « l'hebdo de l'énergie » avec un sous-titre sur l'actualité marché énergie et les cours de clôture datés du 19 avril 2024, sur fond violet dégradé.

Nos experts vous présentent leur analyse complète de toute l’actualité sur les marchés de l’énergie à la date de clôture du 19 avril 2024.

Marché de l’électricité

Retour à la tendance baissière pour 2025-2027

Prix de l'électricité au 19/04/2024
Prix de l’électricité au 19/04/2024

Les prix de clôture de l’électricité pour les contrats à terme indiquent une tendance dégressive sur trois ans. Pour l’année 2025, le prix est de 81,26 €/MWh, avec une baisse de 2,56 €/MWh par rapport à la période précédente. En 2026, le prix continue de chuter pour atteindre 62,00 €/MWh, marquant une réduction plus significative de 5,00 €/MWh. Cette tendance se poursuit jusqu’en 2027, où le prix diminue encore, arrivant à 58,50 €/MWh, avec une baisse de 5,60 €/MWh. 

On observe une correction plus importante à long terme, ce qui témoigne d’excellents fondamentaux sur le marché.

 

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Le défi de l’ACER avec les PPA 

La récente réforme du marché européen de l’électricité a confié à l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) la mission délicate de standardiser les contrats d’achat direct d’électricité renouvelable (Power Purchase Agreements ou PPA). Ce développement est crucial car les PPA jouent un rôle fondamental dans le financement et le déploiement des énergies renouvelables, en offrant une stabilité financière aux producteurs et des prix prévisibles aux consommateurs. 

La diversité des sources d’énergie renouvelable et les conditions météorologiques spécifiques à chaque site rendent chaque PPA unique. La complexité des négociations, qui peuvent durer plusieurs mois et échouer fréquemment, pose un défi majeur à la standardisation. Selon Miguel Marroquin, directeur général de la société de conseil Our New Energy, la standardisation des PPA a été tentée plusieurs fois sans succès, car chaque transaction diffère par les préférences et exigences des acheteurs et vendeurs. 

Une standardisation réussie pourrait rendre les prix plus transparents et les transactions plus rapides, influençant ainsi positivement les prix de l’électricité en réduisant les coûts administratifs et en accélérant le déploiement des capacités renouvelables. De plus, avec des PPA standardisés, les investisseurs pourraient se sentir plus confiants pour financer des projets d’énergie renouvelable, sachant que les termes contractuels sont compréhensibles et uniformisés. En ce  sens, cette initiative pourrait stimuler l’innovation et les investissements dans de nouvelles technologies renouvelables. 

L’impact de la taxe carbone sur les énergies renouvelables

L’introduction du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’Union Européenne, prévu pour 2026, pourrait influencer considérablement les dynamiques du marché de l’électricité. Cet outil fiscal vise à imposer un prix sur le carbone émis lors de la production de certaines marchandises importées à forte intensité carbone, y compris l’électricité.

Des analystes soulignent que l’incertitude autour des coûts du MACF pourrait réduire significativement le flux d’électricité de la Grande-Bretagne vers l’UE, et notamment la France. Cette réduction est particulièrement critique lors de périodes de forte production éolienne, où l’excédent d’énergie pourrait potentiellement entraîner des prix négatifs.  

La capacité nucléaire en France

La capacité nucléaire de la France est actuellement inférieure aux prévisions d’EDF, avec une disponibilité réduite de 6,9 GW, atteignant seulement 39,1 GW au lieu des 46 GW prévus. Cette baisse s’est produite en une semaine, représentant une diminution de 2,2 GW par rapport à la semaine précédente. Environ 31% du parc nucléaire français, soit 18 réacteurs sur 56, sont actuellement hors service. Malgré ces défis, EDF prévoit une augmentation de la capacité disponible à 43,8 GW la semaine prochaine, avec une disponibilité moyenne attendue de 42,1 GW pour avril et de 46 GW pour mai. Ces ajustements montrent les efforts continus pour stabiliser et optimiser la disponibilité du parc nucléaire en dépit des interruptions actuelles.

Conclusion sur le marché de l’électricité

Après deux semaines consécutives de hausse, principalement dues aux tensions géopolitiques, il semble que les bons fondamentaux du marché reprennent le dessus. Cette correction à la baisse est d’autant plus prononcée pour les échéances les plus lointaines.

Les prix de l’électricité ont notamment bénéficié une fois encore d’une bonne production du parc renouvelable.

La baisse des prix sur les marchés pourrait se poursuivre si une stabilité sur l’échiquier géopolitique perdure. En revanche, la moindre tension affectant les réserves gazières, les centrales de production ou un navire pétrolier pourrait une nouvelle fois entraîner une hausse forte et soudaine.

 

 
 

Marché du gaz

Le marché du gaz s’oriente vers des prix plus bas

Prix du gaz au 19/04/2024
Prix du gaz au 19/04/2024
 

Les prix de clôture pour les contrats à terme du gaz montrent une baisse séquentielle sur trois ans, illustrant une tendance à la stabilisation des prix du gaz. En 2025, le prix est fixé à 33,879 €/MWh, subissant une baisse de 1,507 €/MWh. L’année suivante, en 2026, la baisse se poursuit, ramenant le prix à 30,092 €/MWh, soit une diminution de 1,515 €/MWh par rapport à l’année précédente. La tendance à la baisse continue jusqu’en 2027, où le prix atteint 26,813 €/MWh, marquant une réduction de 1,297 €/MWh.

Ces chiffres indiquent une réduction constante et graduelle du coût du gaz sur le marché à terme.

Fermeture du détroit d’Ormuz : menace sur le marché de GNL    

La montée des tensions au Moyen-Orient, notamment avec la menace de l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz en réponse à des attaques israéliennes, soulève des préoccupations majeures pour les marchés énergétiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz est une voie maritime cruciale, car elle est le point de passage pour environ un cinquième du pétrole mondial et une part substantielle du GNL. Ce contexte géopolitique instable pourrait entraîner des perturbations significatives dans les expéditions de GNL, avec des répercussions directes sur les prix et l’approvisionnement mondial. 

Certains analystes prévoient que les prix du GNL pourraient s’envoler au-dessus de 320 EUR/MWh, surpassant les pics historiques liés à des crises antérieures comme celle de l’Ukraine en 2022. Ce scénario est envisagé si le conflit entraîne un retrait de 112 Gm3 de GNL du marché, principalement du Qatar et des Émirats Arabes Unis, exacerbant une situation déjà tendue. En outre, la banque australienne ANZ souligne une hausse des prix due à une « menace renouvelée sur les approvisionnements », poussant les traders à se précipiter pour sécuriser les cargaisons disponibles face à une possible fermeture du détroit. 

Les prix du GNL européens au plus haut

Les prix du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en Europe ont atteint des niveaux remarquablement élevés, dépassant les 2,72€/MWh, un sommet non observé depuis début janvier 2024. Cette hausse est principalement alimentée par une combinaison de facteurs géopolitiques et de crises énergétiques qui augmentent les primes de risque associées au marché du GNL. 

Le prix « rendu bord » du GNL en Europe du Nord-Ouest a été évalué à 32,46€/MWh, reflétant une hausse liée à plusieurs événements clés : 

  • La crise continue au Moyen-Orient, 
  • Des attaques russes contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes, 
  • Des interruptions de production en Norvège. 

Ces facteurs ont contribué à une montée en flèche des prix sur le marché TTF de référence en Europe, où le contrat pour le mois suivant a atteint un pic à 33,75€/MWh avant de se stabiliser à 33,14€/MWh. 

Gaz américain en expansion dans les parts de l’UE

En 2023, la part des États-Unis dans les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) de l’Union européenne a triplé, passant de 6% en 2021 à 19% après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cela représente un volume impressionnant de 56,2 milliards de mètres cubes (Gm3), positionnant les États-Unis comme le deuxième fournisseur de gaz de l’UE après la Norvège. Ce changement marque une étape significative dans la diversification énergétique de l’Europe, et notamment la France.  

Cette transition énergétique vers des sources de GNL plus diversifiées a également contribué à une réduction globale des importations de gaz de l’UE, qui ont diminué de 13%, passant de 334,3 Gm3 en 2021 à 289,9 Gm3 en 2023. Malgré cette réduction, l’UE a achevé la saison hivernale avec des niveaux de stockage de gaz à 58%, un record qui témoigne de l’amélioration de la sécurité énergétique. 

Conclusion sur le marché du gaz

Le marché du gaz est très sensible aux différentes actualités qui ont lieu au Moyen-Orient et aux USA. Le GNL y étant produit en forte quantité dans ces endroits, le moindre évènement est susceptible d’impacter les prix du gaz négativement à court/moyen terme. 

Malgré les cours du gaz assez raisonnables des différents produits gaziers, nous ne sommes pas à l’abri d’une tendance haussière dans les prochains mois.  

 

Le blog Capitole Énergie

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