Notre expert Helder Faria Rubio sur le plateau TV de France 24 | Regard sur la situation en Iran

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Après des entrevues avec de grands médias tels que décisions Achat, Gaz d’Aujourd’hui, La Croix, Green Univers ou encore le Progrès, c’est à l’émission Aux avant-postes sur France 24 de se pencher sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés de l’énergie. Ce 31 mars 2026, Helder Faria Rubio, responsable intelligence économique chez Capitole Énergie, était invité pour analyser les dynamiques complexes qui secouent le pétrole et le gaz à l’échelle mondiale, aux côtés de Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre Énergie & Climat de l’Institut français des relations internationales (IFRI), laboratoire d’idées parisien sur les relations internationales et du journaliste Ali Laidi. 

Le choc énergétique, plus grave que les crises des années 70 ?

Le journaliste a ouvert le débat en interrogeant les experts. Du point de vue d’Helder :

« On est vraiment sur un scénario catastrophique qui prend de l’ampleur, qui gagne de plus en plus de place. Et ce qui est essentiel à comprendre, c’est qu’on est sur un marché qui est léthargique, qui est figé. On a l’impression que le marché ne réagit pas aux impacts. Enfin, il réagit, les prix montent, mais pas à la hauteur qu’on aurait pu espérer. On est quand même dans un conflit qui commence à intégrer différents pays dans une zone qui produit énormément. Ça aurait pu être pire dans la réaction. »

Quelle est la réaction des entreprises françaises face à cette incertitude ? 

Le journaliste poursuit en se demandant si les entreprises françaises accompagnées par Capitole Énergie sont en situation de panique… ou pas. Helder prend du recul :

« Oui et non. Il y en a certaines qui mesurent l’ampleur et qui sont très proactives, qui anticipent. Il y en a d’autres, c’est l’opposé, qui sont justement dans cette paralysie.
Et c’est ça qui est le plus inquiétant. »

Cette remarque illustre la diversité des comportements face à l’incertitude et introduit le point suivant : l’impact sur les marchés.

Paralysie des marchés : une situation sous tension

Le journaliste demande : « Donc voulez-vous dire que les marchés n’achètent pas ? » Helder explique son point: 

« Alors, oui, on a observé une très forte augmentation sur le prix du gaz. Ça reste un événement avec beaucoup d’incertitude, à un tel point que les marchés sont figés. Il y a une certaine paralysie. […] Aujourd’hui, les traders sont plutôt dans un travail défensif. On gère le risque. On ne va pas dans les marchés. Et c’est là où le danger est : si à un moment donné les marchés commencent réellement à intégrer le pire scénario possible, là on peut avoir un réajustement qui peut être assez brutal, qui pourrait faire mal. »

Le pari stratégique sur le gaz : on attends ou pas ? 

Helder revient sur les ajustements en cours, avec un parallèle sur 2022 :

« [Comme en 2022] Il y a des bateaux qui sont déroutés parce que certains pays paient plus. Un exemple : l’Angola. En 2025, 40 % de sa production de GNL allait vers l’Asie. Depuis début 2026, c’est 65 %. Les principaux acteurs sont en train de se positionner et d’aller chercher des producteurs de deuxième ligne pour s’approvisionner. »

Il ajoute :

« Aujourd’hui, c’est un pari au niveau du gaz : soit on anticipe et on envoie un signal de panique au marché, soit on attend, avec le risque d’acheter au mauvais moment. C’est clairement un pari à prendre. Le spot GNL en Asie a fait +90 %, en Europe autour de +60 %. Certains pays comme le Bangladesh ou les Philippines se retirent du marché car les prix sont trop élevés. Ça apaise un peu les marchés, mais le vrai danger, c’est quand ces pays devront revenir. »

Quel répercussions aura cette crise sur l’Europe et l’électrification ?

Interrogé sur la situation européenne et le rôle du nucléaire français, Helder rassure… en partie  :

 » Aujourd’hui, l’Europe est quand même assez protégée, en grande partie grâce à la France et au nucléaire. On est en surproduction, donc on exporte énormément.
Les prix français ont tendance à apaiser les prix européens.
Le risque, c’est que ce signal prix pousse tout le monde vers l’électrification.
Le paradoxe, c’est que si tout le monde bascule vers l’électrique, on ne sera plus en surproduction.
Et à ce moment-là, les prix européens pourraient remonter en France.
Il pourrait y avoir un rééquilibrage à la hausse.
Aujourd’hui, on est autour de 58 €/MWh pour 2027 en France, alors que certains pays sont 60 à 100 % plus chers. Un rééquilibrage pourrait amener les prix français vers 70-80 €.

Mon opinion, c’est que le coût du capital pour investir dans les énergies va augmenter. Les investisseurs vont devoir intégrer des risques géopolitiques qui n’étaient pas pris en compte. Donc mécaniquement, le coût de l’énergie va augmenter. Et c’est là que ça va se jouer.

Pour en savoir plus sur cette crise, n’hésitez pas à suivre notre fil info en direct : 

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Auteur.rice de cet article

Natalia STANATCHKOV
Natalia a rejoint Capitole Énergie en octobre 2024 dans le cadre de son Mastère en Marketing Digital. Depuis, elle prête sa plume pour contribuer activement au blog de l’entreprise. Elle suit de près l’actualité du secteur, des tendances marché aux évolutions de l’entreprise, et s’attache à rendre l’information accessible, utile et synthétique pour vous, les professionnels qui nous lisent au quotidien.

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