Programmation Pluriannuelle de l’Energie 2025-2035 (PPE 3) publiée : contenu, objectifs & regards experts

Quatre grandes tours de refroidissement d'une centrale nucléaire émettent de la vapeur, vues depuis une route menant à l'installation sous un ciel partiellement nuageux, soulignant l'ampleur de la production d'énergie.
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Publiée avec près de deux ans de décalage par rapport au calendrier initial, la PPE 3 a été adoptée par décret le 12 février 2026 et publiée au Journal officiel le 13 février.

Cette troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie trace la feuille de route énergétique de la France pour 2026-2035. Électrification des usages, souveraineté énergétique et sortie des fossiles structurent cette stratégie. Pour les directions énergie des entreprises, collectivités et industries, la PPE 3 devient la boussole de vos décisions d’achat et de pilotage énergétique. 

Cet article s’appuie sur les sources officielles publiées par le Gouvernement français (économie.gouv.fr, legifrance.gouv.fr) et les décrypte pour vous aider à en tirer des actions concrètes. (Source : économie.gouv.fr, 12 février 2026)

Qu’est-ce que la PPE 3 ?

Le nouveau cap énergétique français

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe la feuille de route énergétique française pour les dix prochaines années. Elle constitue l’outil central de pilotage de la politique énergétique nationale.

Pour sa troisième édition, publiée en février 2026, ce document stratégique trace un cap clair : transformer en profondeur notre système énergétique d’ici 2035. Fruit d’une concertation nationale mobilisant 50 000 participants, la PPE 3 fixe une trajectoire ambitieuse : diminuer la part des énergies fossiles de 60 % à 30 % d’ici 2035, en encourageant le développement des EnR.

Pour y parvenir, elle mise sur le développement des moyens de flexibilité, l’électrification massive des usages et la souveraineté énergétique. Cette nouvelle PPE intègre une analyse détaillée des chaînes de valeur et un suivi précis de la consommation énergétique, en cohérence avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par le Code de l’énergie (article L. 141-1).

Monique Barbut,  Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, affirme sur LinkedIn :  « Ce plan d’électrification sera à la mesure de ce que nous avons su faire il y a 50 ans avec le Plan Messmer. À l’époque, c’était pour notre souveraineté. Aujourd’hui, c’est pour notre indépendance et l’avenir de notre climat. »

Lecornu annonce la publication officielle de la loi PPE 3 en février 2026 : cadre juridique et financement

Le décret n°2026-76 du 12 février 2026 officialise la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Publié au Journal officiel, ce texte réglementaire encadre la politique énergétique française jusqu’en 2035 et fixe les conditions du soutien public aux différentes filières.

Le Gouvernement a structuré ce décret pour garantir visibilité et stabilité aux investisseurs et aux industriels.

Lors de la conférence de presse de présentation de la PPE 3, le 13 février 2026 à Bercy, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique,  a déclaré : 

« J’ai annoncé cette semaine 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour électrifier 7 sites industriels qui figurent parmi les 50 les plus émetteurs de carbone de France. »

Consultation du public par vote en 2024 : chiffres clés

La troisième PPE a mobilisé près de 50 000 participants lors de la concertation nationale organisée fin 2024, générant plus de 7 500 propositions et 1,2 million de votes. Cette mobilisation sans précédent a permis d’enrichir le projet initial et de l’ancrer dans les réalités du terrain.

Intégration des contributions et suivi territorial

Un comité de suivi  a supervisé l’intégration des contributions dans la version définitive. Plusieurs instances (Conseil national de la transition écologique, Conseil supérieur de l’énergie, Haut-commissaire à l’énergie atomique) ont également été consultées.

Dès 2023, des groupes de travail co-présidés par des parlementaires et des élus locaux ont été réunis pour définir les priorités territoriales.

Cette gouvernance participative se poursuivra lors de la clause de revoyure en 2027, permettant d’ajuster la trajectoire selon l’évolution des besoins énergétiques locaux et des capacités d’investissement des collectivités.

Le décret n°2026-76 du 12 février 2026 officialise la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Publié au Journal officiel, ce texte réglementaire encadre la politique énergétique française jusqu’en 2035 et fixe les conditions du soutien public aux différentes filières.

Le Gouvernement a structuré ce décret pour garantir visibilité et stabilité aux investisseurs et aux industriels.

Lors de la conférence de presse de présentation de la PPE 3, le 13 février 2026 à Bercy, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique,  a déclaré : 

« J’ai annoncé cette semaine 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour électrifier 7 sites industriels qui figurent parmi les 50 les plus émetteurs de carbone de France. »

La troisième PPE a mobilisé près de 50 000 participants lors de la concertation nationale organisée fin 2024, générant plus de 7 500 propositions et 1,2 million de votes. Cette mobilisation sans précédent a permis d’enrichir le projet initial et de l’ancrer dans les réalités du terrain.

Un comité de suivi  a supervisé l’intégration des contributions dans la version définitive. Plusieurs instances (Conseil national de la transition écologique, Conseil supérieur de l’énergie, Haut-commissaire à l’énergie atomique) ont également été consultées.

Dès 2023, des groupes de travail co-présidés par des parlementaires et des élus locaux ont été réunis pour définir les priorités territoriales.

Cette gouvernance participative se poursuivra lors de la clause de revoyure en 2027, permettant d’ajuster la trajectoire selon l’évolution des besoins énergétiques locaux et des capacités d’investissement des collectivités.

Quels sont les objectifs de la PPE 3 ?

Publiée en février 2026, la PPE 3 trace une trajectoire résolue pour transformer le paysage énergétique français vers la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Selon Rémi Matray, directeur des opérations de la BL EPSA Energy, « concentrer la discussion sur le mix électrique c’est passer à côté de l’éléphant dans la pièce : les énergies fossiles. »

L’ambition centrale de la PPE 3 pour 2030 s’articule autour d’un basculement historique : passer de 60 % d’énergies fossiles à 60 % d’énergies décarbonées dans la consommation finale française.

Cet objectif est porté par deux raisons massives : 

  • d’abord, la combustion des énergies fossiles est une des causes directes du rechauffement climatique. Rémi ajoute :  » Il faut corréler la question énergétique à la question environnementale : réduire les consommations d’énergie fossile, c’est mécaniquement réduire les émissions de CO2. »
  • de l’autre côté, la France dépends des importations : il y a donc ici un enjeu de souveraineté. 
Diagramme à barres illustrant le bouquet énergétique de la France pour 2023, 2030 et 2035 selon le ppe 3, montrant les proportions de combustibles fossiles, d'électricité, d'e-carburant, d'hydrogène et d'énergies renouvelables, avec une diminution marquée des combustibles fossiles au fil du temps.


Comment parvenir à ces objectifs ?

L’électrification des usages (industrie, mobilité, chaleur) devient prioritaire pour accélérer la décarbonation, avec une consommation électrique qui doit suivre une trajectoire d’électrification ciblée sur ces trois secteurs clés.

« La seule vraie question, c’est comment on est capable d’électrifier plus vite » – Sébastien Lecornu 

Avis d’expert : Rémi Matray, Directeur des Opérations |EPSA Energy

Alors quels leviers propose la PPE pour diminuer drastiquement des consommations d’énergies fossiles ?

On peut le résumer ainsi : consommer moins, récupérer, substituer.

1. Consommer moins : « la meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pas ». Une phrase presque démodée tellement elle a été reprise, mais elle n’en reste pas moins valable. La PPE mise sur une réduction de la consommation d’énergie finale de 1510 TWh (2023) à 1100 TWh (2035).

2. Récupérer : La chaleur en l’occurrence. Les procédés industriels ou encore les incinérateurs de déchets constituent des sources de chaleur encore trop peu valorisés. Récupérer cette chaleur et la valoriser permettrait de limiter les consommations de fossile, en particulier pour des besoin de chaleur. L’objectif est de déployer largement les réseaux de chaleur urbains, alimentés en chaleur de récupération.

3. Substituer : une fois que l’on a réduit le besoin, et récupérer que ce qui est possible, alors on substitue les énergies fossiles résiduelles. Les solutions sont nombreuses : biogaz (produit par la valorisation de déchets organiques), biomasse produite localement, électrification des usages (notamment des transports).

Ces trois leviers nécessitent la mobilisation de l’ensemble de la filière énergétique (producteurs, consommateurs, institutions), mais également des investissements colossaux. La PPE estime ces derniers à hauteur de 113 Mds € / an en 2024, dont 17 pour le publique et 96 pour le privé.

En 2030, ces 113 Mds € / an bondiraient de +83 Mds € / an pour atteindre les objectifs de la PPE.

Les changements majeurs de la PPE 3 : ce qui bascule vraiment en France

Revirement stratégique sur le nucléaire

Avant (PPE 2) : Fermeture programmée de 14 réacteurs d’ici 2035

Maintenant (PPE 3) : Relance du nucléaire et optimisation du parc existant + 6 EPR2 confirmés.  Le rôle du nucléaire est réaffirmé comme pilier de la souveraineté énergétique française.

  • Production nucléaire rehaussée : 380-420 TWh/an (vs 320 TWh en 2023)
  • Prolongation de la durée de vie des réacteurs à 50-60 ans
  • Possible décision en 2026 pour 8 réacteurs supplémentaires
  • Montée en puissance progressive de l’EPR de Flamanville.

L’électrification des usages devient prioritaire

Nouveau pilier stratégique : Un chapitre entier dédié à l’électrification

  • Plan national d’électrification lancé en février 2026
  • Objectif : passer de 25% à 39% d’électricité dans la consommation finale d’ici 2035
  • Ciblage prioritaire : industrie, mobilité professionnelle, chauffage

Objectifs ENR ajustés à la réalité du marché

  • Photovoltaïque : 48 GW en 2030 (vs 54 GW dans la consultation de mars 2025)
  • Éolien terrestre : 31 GW en 2030 (vs 33-35 GW initialement prévus)
  • Éolien en mer : maintien à 15 GW en 2035 mais avec décalage temporel

Nouvelle gouvernance : la clause de revoyure

Innovation majeure : Première PPE avec clause d’ajustement en 2027

  • Révision possible des objectifs selon l’évolution réelle de la demande
  • Rapport annuel au Parlement dès fin 2026
  • Adaptation fine aux réalités industrielles et territoriales

Mécanismes de soutien repensés

  • Appels d’offres : Redémarrage en mars 2026 après 3 ans de suspension
  • Critères européens : Favorisation de l’industrie européenne dans les AO
  • Nouveau mécanisme de capacité : Géré par RTE dès l’hiver 2026-2027

Objectifs fossiles radicalement revus

  • Trajectoire accélérée : De 60% à 30% d’énergies fossiles d’ici 2035
  • Économies visées : 60 milliards d’euros par an d’importations évitées
  • Création d’emplois : +120 000 postes d’ici 2030 (nucléaire, PV, éolien maritime)

En résumé : ce qui change concrètement pour vous

AspectPPE 2 (2019-2024)PPE 3 (2026-2035)
NucléaireFermeture de 14 réacteursRelance et optimisation du parc
GouvernanceTrajectoire figéeClause de revoyure en 2027
ÉlectrificationApproche sectorielleChapitre dédié et plan national
ENR terrestresObjectifs élevésObjectifs ajustés à la demande
Appels d’offresSuspendus depuis 2023Relance mars 2026

Concrètement : La PPE 3 privilégie la résilience et l’adaptabilité à l’ambition pure. Elle mise sur un mix équilibré nucléaire-renouvelables, avec une gouvernance plus souple pour coller aux réalités de terrain.

N’hésitez pas à consulter ces sources pour aller plus loin : 

🔗 Synthèse de la PPE 

🔗 PPE 3 : le PDF complet 

🔗 PPE : planifier la décarbonation de la France 

La PPE 3 positionne la France parmi les pays d’Europe les mieux armés pour réussir sa transition énergétique. Avec une production électrique déjà décarbonée à 95 % en France aujourd’hui, notre pays dispose d’un avantage structurel unique pour assurer l’indépendance énergétique tout en réduisant les importations de pétrole et de gaz en cohérence avec nos engagements internationaux

L’objectif affiché par le Gouvernement : maintenir le prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe pour protéger le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Cette stratégie repose sur un mix équilibré nucléaire + énergies renouvelables, où le rôle du nucléaire demeure central (380-420 TWh/an d’ici 2035), complété par le développement du solaire photovoltaïque (48 GW en 2030), de l’éolien et de la chaleur renouvelable.

En réduisant notre dépendance aux énergies fossiles importées qui représentent aujourd’hui 60 milliards d’euros par an, la PPE 3 vise l’accélération de l’électrification des usages dans l’industrie, les transports et le chauffage. Pour les entreprises françaises, cette souveraineté énergétique renforcée constitue un levier de compétitivité durable face aux fluctuations du prix de l’énergie sur les marchés internationaux.

Le nouveau mix énergétique de la France en détail

Vue d’ensemble : la transformation du paysage énergétique français

Filière énergétiqueObjectif 2030Objectif 2035Part estimée dans le mix 2035
Nucléaire380 TWh/an380-420 TWh/an~60% de la production électrique
Photovoltaïque48 GW installés55-80 GW installés~15% de la production électrique
Éolien terrestre31 GW installés35-40 GW installés~10% de la production électrique
Éolien en mer3,6 GW installés15 GW installés~8% de la production électrique
Hydroélectricité26,3 GW installés28,7 GW installés~10% de la production électrique
Biométhane47-82 TWh injectésSubstitut aux énergies fossiles
Hydrogène4,5 GW installés8 GW installésDécarbonation industrie lourde
Chaleur renouvelable328-341 TWhRemplacement chauffage fossile

Énergie nucléaire : le pilier stratégique renforcé et politique EPR

Le rôle du nucléaire demeure central dans le mix énergétique français. La PPE 3 confirme ce pilier stratégique avec une production rehaussée entre 380 et 420 TWh/an à l’horizon 2035, contre 320 TWh en France aujourd’hui.

Concrètement, cette relance s’articule autour de :

  • 6 EPR2 confirmés en construction avec possible décision en 2026 pour 8 réacteurs supplémentaires
  • Prolongation de la durée de vie des réacteurs existants à 50-60 ans
  • Montée en puissance progressive de l’EPR de Flamanville
  • 100 000 recrutements prévus dans la filière nucléaire d’ici 2030

Photovoltaïque : structuration industrielle sans précédent

Objectifs de capacité installée :

  • 48 GW pour 2030 (contre 26-30 GW actuellement)
  • 55 à 80 GW pour 2035

Structuration de la filière industrielle française :

Le plan industriel vise une production nationale de 10 GW de composants solaires d’ici 2035, répartis comme suit :

  • Silicium : 3 à 5 GW
  • Lingots et wafers : 3 à 5 GW
  • Cellules et modules : 5 à 10 GW

Axes de développement prioritaires :

  • Grandes installations au sol : 38%
  • Toitures de grande surface : 16%
  • Petites et moyennes toitures : 41%

Éolien terrestre : priorité au repowering

Trajectoire ajustée à la réalité du marché :

  • 31 GW en 2030 (contre 33-35 GW initialement prévus)
  • 35-40 GW en 2035 (contre 40-45 GW)

La PPE 3 met l’accent sur le renouvellement (repowering) des parcs existants pour optimiser la production avec moins de mâts. Les appels d’offres incluront des volumes pour de nouveaux projets avec assouplissement des contraintes de plafonnement aérien.

Éolien en mer : impulsion stratégique

L’objectif est fixé à 15 GW installés d’ici 2035, avec une montée en puissance progressive dès 2030 (3,6 GW visés). Cette filière bénéficie de l’impulsion la plus forte parmi toutes les énergies renouvelables.

Calendrier industriel :

  • Appels d’offres 9 et 10 relancés dès que possible
  • Attribution avant fin 2026
  • Maximisation des retombées industrielles (Saint-Nazaire, Le Havre)
  • Premier appel d’offres hydrolien de 250 MW au Raz Blanchard

Hydroélectricité : relance des investissements

Capacités visées :

  • 26,3 GW installés (STEP incluses) d’ici 2030
  • 28,7 GW d’ici 2035

La PPE mise sur la relance des investissements dans cette filière considérée comme souveraine, avec une augmentation de 2,8 GW des capacités des barrages existants (optimisation et suréquipement), dont 1,7 GW de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP).

Biométhane : valorisation des ressources locales

Trajectoire de production :

  • De 9 TWh en 2023 à 47-82 TWh en 2035 injectés dans les réseaux de gaz

Le biométhane est confirmé comme vecteur essentiel pour la souveraineté et la valorisation des ressources locales. Cette visibilité sur les volumes à horizon 2030 et 2035 sécurise les investissements et clarifie la trajectoire des certificats de production de biométhane (CPB) après 2028.

Hydrogène : décarbonation de l’industrie lourde

Capacités d’électrolyse ciblées :

  • 4,5 GW en 2030
  • 8 GW installés en 2035 (contre 10 GW initialement prévus)

Cette filière vise spécifiquement la décarbonation de l’industrie lourde (métallurgie, chimie, raffinerie) et le stockage intersaisonnier pour lisser la production renouvelable intermittente.

Chaleur renouvelable : déploiement massif

Production visée :

  • 328-341 TWh en 2035 (contre 172 TWh en 2023)

Cette filière doit presque doubler sa production d’ici 2035 grâce au déploiement massif de :

  • Pompes à chaleur pour remplacer les chaudières fossiles
  • Réseaux de chaleur décarbonés (53 TWh en 2030)
  • Géothermie de surface (10 TWh) et profonde (6 TWh)
  • Valorisation énergétique des déchets

Biocarburants : électrification et substitution

Trajectoire de développement :

  • De 38 TWh en 2023 à 70-90 TWh en 2035 dans les transports et hors transports

Cette progression suppose le développement des cultures intermédiaires à vocation énergétique et l’optimisation des filières de production nationale.

Professionnels : en quoi ça vous concerne ?

Compétitivité renforcée : l’atout électricité décarbonée

Votre avantage concurrentiel se dessine. Avec une production électrique décarbonée à 95 % en France aujourd’hui, la PPE 3 consolide votre position sur les marchés européens. Ce niveau de décarbonation, parmi les meilleurs d’Europe, constitue déjà un atout majeur. Cette électricité bas-carbone devient un levier d’attractivité industrielle majeur, notamment pour les entreprises soumises aux mécanismes d’ajustement carbone aux frontières.

Concrètement : Vos coûts carbone indirects diminuent, votre empreinte environnementale s’améliore mécaniquement, et votre compétitivité internationale se renforce.

Électrification des usages : le défi opérationnel

L’électrification massive inscrite dans la PPE 3 redessine vos besoins énergétiques. Industrie, mobilité, production de chaleur : ces trois secteurs concentrent les efforts de conversion. Pour vous, cela signifie anticiper le remplacement d’équipements fonctionnant aux énergies fossiles.

Les questions à vous poser dès maintenant :

Flexibilité énergétique : nouvelle source de valeur

La PPE 3 développe les outils de flexibilité pour gérer la variabilité des énergies renouvelables.

Opportunité à saisir : vos capacités d’effacement, de modulation de consommation ou de stockage peuvent générer de nouveaux revenus.

Les contrats de flexibilité, la réponse à la demande et les services système deviennent des leviers d’optimisation de vos factures. C’est l’occasion de transformer votre consommation en actif économique.

Risques réglementaires : la clause de revoyure change la donne

Nouveauté majeure : la PPE 3 intègre une clause d’ajustement en 2027. Cette flexibilité peut modifier les modalités de soutien aux énergies renouvelables et les mécanismes de rémunération. Vos contrats d’énergie doivent intégrer cette variabilité potentielle.

Vos priorités d’action immédiate

1. Audit énergétique stratégique : Évaluez votre potentiel d’électrification et d’efficacité énergétique. Identifiez les investissements prioritaires et leur rentabilité.

2. Sécurisation contractuelle : Intégrez flexibilité et stockage dans vos futurs contrats d’électricité. Explorez les PPA (Power Purchase Agreements) pour sécuriser vos approvisionnements long terme.

Étude de cas : l’arbitrage bloc + spot dans un marché sous tension

3. Veille réglementaire active : Suivez les réformes 2026-2027 (pilotage ENR, mécanisme de capacité) et préparez-vous aux ajustements de la clause de revoyure. Recevez toutes les semaines l’actualité du marché de l’énergie, dans votre boîte mail. 

Avez- vous déjà pensé à contacter un conseiller en énergie ? 

Nous pouvons vous aider sur les axes cités ci-dessus.

Que vous souhaitiez réduire votre facturesécuriser vos budgetsvaloriser vos exonérations fiscales ou accélérer votre transition vers une énergie plus verte, Capitole Énergie est à vos côtés.

Notre mission : vous accompagner dans une stratégie d’achat d’énergie adaptée, performante et durable. Nos chargés de comptes sont spécialisés par secteur d’activité : industrie, artisanat, tertiaire, copropriétés, marchés publics… Vous êtes conseillé par un professionnel qui parle le même langage que vous et comprend vos priorités.

Capitole Énergie, c’est un accompagnement sur-mesure et des solutions concrètes pour piloter efficacement votre consommation. Parlons-en.

Que signifie le sigle PPE ?

PPE signifie Programmation Pluriannuelle de l’Énergie . Ce document stratégique, publié au Journal Officiel le 13 février 2026, définit la feuille de route énergétique française pour la période 2026-2035.
Instaurée par la loi de transition énergétique de 2015, cette troisième version trace les orientations nationales en matière de production, consommation et investissements énergétiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l’a présentée depuis la centrale hydroélectrique de Vouglans dans le Jura, marquant l’importance accordée aux grands enjeux de souveraineté énergétique.
Pour les entreprises, la PPE 3 constitue le cadre de référence obligatoire qui impactera leurs stratégies d’achat, leurs investissements et leur conformité réglementaire jusqu’en 2035.

Quelle est l’ambition principale de la PPE 3 pour 2030 ?

Publiée en février 2026, la PPE 3 a fixé une ambition centrale pour 2030 : inverser la structure énergétique française en réduisant la part des énergies fossiles de 60% à 40% dans la consommation finale. Cette trajectoire s’appuie sur l’accélération de l’électrification des usages dans trois secteurs prioritaires identifiés par les groupes de travail lancés en 2026.
L’industrie, la mobilité et la production de chaleur constituent les piliers de cette électrification massive. Pour les entreprises, cette montée en puissance progressive de l’électricité décarbonée représente un levier de compétitivité durable, particulièrement face aux fluctuations des prix des énergies fossiles sur les marchés internationaux.
La clause de revoyure prévue en 2027 permettra d’ajuster cette trajectoire selon l’évolution réelle de la demande électrique des entreprises. Cette gouvernance adaptative constitue une nouveauté majeure pour sécuriser les investissements des professionnels dans un contexte de changement climatique accéléré.

Quels sont les 3 objectifs principaux de la PPE 3 ?

La PPE 3 poursuit trois objectifs stratégiques définis par le Gouvernement :
Renforcer la souveraineté énergétique de la France : Réduire les importations de pétrole et de gaz, qui représentent aujourd’hui 60 milliards d’euros par an. L’objectif est d’assurer l’indépendance énergétique du pays face aux tensions géopolitiques.
Atteindre la neutralité carbone en 2050 : La PPE 3 s’inscrit dans les objectifs de décarbonation conformes à l’Accord de Paris et avec la Stratégie nationale bas carbone. Concrètement, il s’agit de passer de 60 % d’énergies fossiles aujourd’hui à 60 % d’énergies décarbonées dans la consommation finale dès 2030.
Protéger le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises : En maintenant le prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe, la France vise à préserver son attractivité industrielle et le pouvoir d’achat de ses citoyens.
Ces trois piliers s’appuient sur l’accélération de l’électrification des usages (industrie, mobilité, chauffage) et sur un mix équilibré nucléaire + énergies renouvelables.

Comment la PPE 3 prévoit-elle d’augmenter la production électrique décarbonée ?

La stratégie repose sur deux leviers complémentaires :
Le rôle du nucléaire reste central
La production nucléaire passera de 320 TWh en France aujourd’hui à 380-420 TWh/an d’ici 2035. Cette relance s’appuie sur la construction de 6 EPR2 et la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants.
Le développement du solaire photovoltaïque et des énergies renouvelables s’accélère
Photovoltaïque : 48 GW installés en 2030, puis 55 à 80 GW en 2035
Éolien en mer : 15 GW d’ici 2035
Production de biométhane : jusqu’à 82 TWh injectés dans les réseaux de gaz
Chaleur renouvelable : déploiement massif de pompes à chaleur pour remplacer les chaudières fossiles
Utilisation de l’hydrogène : jusqu’à 8 GW de capacité installée pour décarboner l’industrie lourde
Au total, la production électrique décarbonée passera de 458 TWh en 2023 à 650-693 TWh en 2035.

Pourquoi la PPE 3 vise-t-elle à maintenir le prix de l’électricité bas en Europe ?

Avec une production électrique déjà décarbonée à 95 % en France aujourd’hui, le pays dispose d’un atout stratégique majeur parmi les pays d’Europe. Maintenir le prix de l’électricité compétitif permet de :
Protéger le pouvoir d’achat des 30 millions de foyers français face à l’inflation énergétique
Renforcer la compétitivité des entreprises françaises sur les marchés internationaux, notamment les industries énergo-intensives (métallurgie, chimie, papier)
Attirer de nouveaux investissements industriels en valorisant l’accès à une électricité décarbonée et stable
Cette stratégie repose sur la réduction drastique des énergies fossiles importées — responsables des pics de prix — au profit d’une production nationale pilotable (nucléaire) et renouvelable. Pour les professionnels, cela signifie une meilleure prévisibilité des coûts énergétiques à moyen terme

Où en est la PPE 3 et quand a-t-elle été publiée ?

La PPE 3 a été officiellement adoptée par décret n°2026-76 le 12 février 2026 et publiée au Journal Officiel le 13 février 2026. Elle est désormais en vigueur et structure la politique énergétique française jusqu’en 2035.
Cette publication intervient avec près de deux ans de retard sur le calendrier initial, après une large concertation nationale mobilisant 50 000 participants fin 2024. Le Gouvernement a intégré les contributions des territoires, des industriels et des ONG avant de finaliser le texte.
Prochaine étape clé : La clause de revoyure prévue en 2027 permettra d’ajuster les objectifs selon l’évolution réelle de la demande électrique et des capacités de production.

Comment télécharger le PDF complet de la PPE 3 ?

Le texte intégral du décret et la synthèse de la PPE 3 sont disponibles gratuitement sur les sites officiels du Gouvernement depuis février 2026 :
 PPE 3 : le PDF complet (document officiel)
 Synthèse de la PPE 3 (version courte)
Décret n°2026-76 sur Légifrance
Vous y trouverez l’ensemble des objectifs chiffrés, la trajectoire de décarbonation détaillée et les orientations stratégiques par filière (nucléaire, solaire, éolien, biométhane, hydrogène, chaleur renouvelable).

Quels sont les principaux enjeux de la PPE 3 pour l’électrification des transports professionnels ?

La PPE 3 identifie l’électrification des flottes professionnelles comme un enjeu de la décarbonation. L’accélération du déploiement de bornes de recharge publiques se matérialise par l’objectif de 400 000 points de charge d’ici 2030.
Pour vos flottes d’entreprise, cela signifie :
Planifiez le basculement vers la voiture électrique : La PPE 3 prévoit des incitations fiscales renforcées pour les véhicules professionnels décarbonés
Anticipez l’infrastructure de recharge : Installations sur sites, partenariats avec des opérateurs, optimisation des contrats électriques pour absorber les pics de consommation
Intégrez la flexibilité : Vos véhicules électriques peuvent devenir des actifs de stockage (vehicle-to-grid) et générer des revenus complémentaires

Comment Roland Lescure et Monique Barbut articulent-ils la stratégie industrielle de la PPE 3 ?

Roland Lescure, ministre de l’Économie, et Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, portent une vision coordonnée de la réindustrialisation verte française.
Roland Lescure a annoncé 1,6 milliard d’euros supplémentaires pour électrifier 7 sites industriels parmi les 50 plus émetteurs de France. Cette approche cible les chaînes de valeur stratégiques : métallurgie, chimie, cimenterie.
Monique Barbut compare cette ambition au Plan Messmer des années 1970 : « À l’époque, c’était pour notre souveraineté. Aujourd’hui, c’est pour notre indépendance et l’avenir de notre climat. »
Concrètement pour votre industrie :
Nouvelles opportunités de financement pour vos projets d’électrification industrielle
Soutien renforcé aux investissements de décarbonation via France 2030
Accès privilégié aux dispositifs d’aide pour les sites énergo-intensifs

Quels sont les enjeux principaux de la PPE pour les organisations professionnelles ?

La PPE 3 redessine le paysage énergétique français et génère des enjeux stratégiques majeurs pour les organisations professionnelles. Voici les trois enjeux prioritaires à anticiper :
Adaptation organisationnelle et gouvernance énergétique
L’électrification massive des usages impose une restructuration des stratégies d’achat et de pilotage énergétique. Comme l’a annoncé le gouvernement lors de la publication de la PPE 3, des groupes de travail réunissant les organisations professionnelles et les élus vont être mis en place pour chaque secteur concerné par l’électrification.
Anticipation des mutations industrielles et des investissements
Des recrutements dans la fillière sont prévus, avec 120 000 emplois supplémentaires prévus d’ici 2030 dans les filières nucléaire, photovoltaïque et éolien maritime. Les organisations professionnelles doivent anticiper les besoins en compétences et en formation.
Les secteurs les plus impactés :
Industrie : 1,6 milliard d’euros annoncés pour électrifier les 7 sites les plus émetteurs
Bâtiment : déploiement massif des pompes à chaleur et réseaux de chaleur décarbonés
Transport : électrification des flottes professionnelles avec 400 000 bornes de recharge d’ici 2030
Point clé : La clause de revoyure en 2027 permet d’ajuster les trajectoires selon les retours terrain des organisations professionnelles.
Optimisation économique et compétitivité renforcée
Pour les organisations professionnelles, cela représente une opportunité de différenciation sur les marchés internationaux.
Les leviers d’action immédiats :
Valoriser l’empreinte carbone réduite dans les appels d’offres et négociations commerciales
Sécuriser les approvisionnements énergétiques via des contrats long terme adaptés
Développer les capacités de flexibilité pour transformer la consommation en source de revenus
En résumé : Les organisations professionnelles qui anticipent ces mutations dès 2026 transformeront les contraintes de la PPE 3 en leviers de performance et de compétitivité durable

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Auteur.rice de cet article

Natalia STANATCHKOV
Natalia a rejoint Capitole Énergie en octobre 2024 dans le cadre de son Mastère en Marketing Digital. Depuis, elle prête sa plume pour contribuer activement au blog de l’entreprise. Elle suit de près l’actualité du secteur, des tendances marché aux évolutions de l’entreprise, et s’attache à rendre l’information accessible, utile et synthétique pour vous, les professionnels qui nous lisent au quotidien.

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