Prix du gaz 2030 : la molécule baisse, la facture monte, alors comment décider ?

Prix du gaz 2030 pour les entreprises – courbe à terme PEG
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Le cours du gaz pour livraison en 2030 se négocie aujourd’hui plus de 35 % en dessous de son niveau pour 2027. Pourtant, beaucoup d’entreprises voient leur facture de gaz progresser. Ce n’est pas contradictoire : tout dépend de quelle partie de la facture on regarde. La part que vous négociez, la molécule, est anticipée en baisse sur les marchés à terme, pendant que les composantes réglementées (réseaux, taxes) poussent dans l’autre sens. Cet article démêle les deux pour les entreprises qui consomment du gaz, et explique comment transformer la baisse anticipée du marché en décision d’achat concrète.

Prix du gaz 2030 : ce que le marché à terme price réellement

Sur les marchés de gros, on n’achète pas seulement le gaz du jour : on peut acheter dès maintenant des contrats pour livraison en 2027, 2028, 2029 ou 2030. Ces contrats à terme (les « CAL » pour calendar) reflètent les anticipations des opérateurs et servent de base aux offres à prix fixe proposées aux entreprises.

Or la courbe est nettement descendante.

Au 16 juin 2026, le contrat pour livraison en 2027 (CAL27) cote environ 33,6 €/MWh, tandis que celui pour 2030 (CAL30) s’échange autour de 21,7 €/MWh soit près de 36 % moins cher. Cette structure, où les échéances lointaines cotent sous les échéances proches, porte un nom : la backwardation.

Courbe à terme du gaz PEG · Clôture au 16 juin 2026 · 2027 → 2030 : −36 % · Source : EEX / PEG (settlement) · © Capitole Énergie
Prix à terme du gaz PEG par échéance (€/MWh, hors acheminement et taxes)
ÉchéancePrix (€/MWh)Écart vs CAL27
CAL27 (livraison 2027)33,59
CAL28 (livraison 2028)26,61−20,8 %
CAL29 (livraison 2029)23,29−30,7 %
CAL30 (livraison 2030)21,68−35,5 %

La backwardation, en une phrase : c’est la situation de marché où le gaz à livraison lointaine coûte moins cher que le gaz à livraison proche, signe que les opérateurs anticipent une détente des prix.

Pourquoi le marché anticipe-t-il cette baisse ?

Trois moteurs principaux : l’arrivée massive de nouvelles capacités mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) (États-Unis, Qatar) qui détend l’offre à partir de 2027-2028 ; une demande européenne structurellement plus faible (sobriété, électrification, recul du gaz dans l’industrie) ; et des stocks européens qui, hors choc, se reconstituent.

À l’inverse, cette baisse n’est pas acquise. Une crise d’approvisionnement (tensions au Moyen-Orient, route du GNL), une vague de froid prolongée ou un durcissement du prix du carbone peuvent réinjecter de la volatilité du jour au lendemain. La courbe à terme est une photographie des anticipations à un instant T, pas une prévision certaine. C’est précisément pour cela qu’une décision d’achat se cadre, plutôt qu’elle ne se devine. Pour comprendre les mécanismes sous-jacents (TTF, PEG, formation des prix), notre article anatomie du marché du gaz détaille le fonctionnement, et le suivi hebdomadaire des cours vous donne les niveaux à jour.

Molécule, acheminement, taxes : ce qui baisse et ce qui monte

C’est ici que se résout le paradoxe : pourquoi une facture peut monter quand les cours baissent. Le prix du gaz que paie une entreprise n’est pas un bloc unique : il se décompose en trois grandes briques, qui n’évoluent pas dans le même sens.

  • La molécule (le marché). C’est la part liée au cours du gaz, indexée sur le PEG ou le TTF, ou figée par un prix fixe. C’est la seule part réellement négociable et c’est elle que le marché à terme price à la baisse pour 2027-2030.
  • L’acheminement (ATRT + ATRD). Les tarifs d’utilisation des réseaux de transport et de distribution sont réglementés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ils ne se négocient pas, et leur trajectoire est plutôt orientée à la hausse.
  • Les taxes et contributions. L’accise sur les gaz naturels (ex-TICGN) a presque doublé entre 2023 et 2024, pour atteindre 16,39 €/MWh depuis le 1ᵉʳ février 2026. S’y ajoutent la CTA et une TVA à 20 % appliquée depuis août 2025 à l’ensemble de la facture, abonnement compris. Au total, taxes et contributions représentent environ un quart d’une facture de gaz.

La conclusion stratégique tient en une phrase : la part qui monte (réseau + taxes) est subie ; la part qui peut baisser (la molécule) est, elle, pilotable. Pour une entreprise, l’enjeu est donc de capter la baisse cotée sur la molécule, là où la décision a un effet réel.

C’est là tout l’intérêt stratégique du moment. L’acheminement et la fiscalité échappent à votre négociation et resteront orientés à la hausse ; la molécule, elle, est à la fois la seule composante pilotable et celle que le marché à terme price aujourd’hui à la baisse. Verrouiller un prix bas sur 2028-2030 ne revient donc pas seulement à « payer son gaz moins cher » : c’est se constituer un matelas. Chaque euro par MWh économisé sur la part marché vient compenser tout ou partie des hausses réglementaires que vous ne pourrez pas éviter, la baisse de la composante pilotable devient votre meilleure protection contre l’inflation de la composante subie.

Sur le volet fiscal, certains usages industriels ouvrent droit à des taux réduits d’accise (jusqu’à 1,52 ou 1,60 €/MWh) : un levier à vérifier, que nous traitons dans l’optimisation des taxes énergétiques.

Faut-il fixer son prix de gaz pour 2030 ? Le cadre de décision

Il n’existe pas de réponse universelle : tout dépend de votre profil de consommation, de votre horizon budgétaire et de votre tolérance au risque. Mais la backwardation actuelle ouvre une fenêtre que trois structures de contrat permettent d’exploiter différemment.

Le prix fixe pluriannuel. Signer aujourd’hui un prix fixe sur une échéance 2028, 2029 ou 2030 revient à verrouiller un niveau historiquement bas et à sécuriser totalement le budget sur la durée. Contrepartie : vous ne profitez pas d’une éventuelle baisse supplémentaire. C’est l’option de la visibilité, adaptée aux structures qui doivent défendre un budget pluriannuel.

Le prix indexé. Vous suivez le marché, à la hausse comme à la baisse. Si la détente anticipée se confirme, vous en profitez ; mais vous acceptez l’incertitude. C’est l’option de l’exposition, à réserver aux entreprises capables d’absorber la volatilité. Voir notre comparatif prix fixe ou indexé.

Le contrat à clics (bloc-spot). Vous fixez votre prix par tranches, au fil du temps, plutôt qu’en une seule fois. C’est le compromis qui permet de capter la baisse par étapes sans tout jouer sur une date. Nous détaillons cette mécanique dans l’article contrat bloc-spot.

Le bon choix ne se décide pas sur un prix affiché, mais sur une stratégie d’achat d’énergie construite sur votre situation réelle.

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Industrie et tertiaire multisite : deux situations, deux approches

Site industriel gazo-intensif. Quand le gaz est un poste critique et que les volumes sont élevés et prévisibles, chaque euro par MWh verrouillé sur 2028-2030 pèse lourd sur le compte de résultat. L’enjeu est de sécuriser une part significative du volume pluriannuel tout en gardant de la flexibilité, et de vérifier en parallèle l’éligibilité aux taux réduits d’accise. C’est l’objet de notre accompagnement dédié au courtage en énergie pour l’industrie.

Tertiaire multisite. La difficulté n’est pas tant le prix unitaire que la cohérence d’un portefeuille de contrats aux échéances et aux profils hétérogènes. Décider site par site dans l’urgence fait perdre le bénéfice de la backwardation. Une approche centralisée permet d’arbitrer globalement : voir le courtage en énergie pour le tertiaire.

Comment Capitole Énergie sécurise votre gaz pour 2030

Votre fournisseur a intérêt à vous vendre son offre. En tant que courtier indépendant, nous n’en avons aucun : nous mettons plus de 20 fournisseurs en concurrence, nous intervenons sur la structure du contrat (et pas seulement sur le prix affiché), et nous suivons les marchés chaque semaine pour vous alerter au bon moment. Avec plus de 6 000 entreprises accompagnées et 18 TWh négociés, notre rôle est de transformer une courbe de marché en décision défendable.

Faire analyser ma situation par un expert

FAQ | Prix du gaz 2030 pour les entreprises

Quel sera le prix du gaz en 2030 ?

Personne ne peut le garantir, mais le marché à terme donne une référence : au 16 juin 2026, le contrat PEG pour livraison en 2030 cote environ 21,7 €/MWh (hors acheminement et taxes), soit près de 36 % sous le contrat 2027. C’est le niveau auquel une entreprise peut, aujourd’hui, sécuriser une partie de son budget.

Pourquoi ma facture de gaz peut-elle augmenter alors que les cours baissent ?

Parce qu’une facture de gaz ne se résume pas au cours du marché. La part molécule (négociable) suit la baisse anticipée à terme, mais l’acheminement (réseaux) et les taxes — qui sont réglementés — sont plutôt orientés à la hausse. Selon la structure de votre contrat, l’évolution de l’un peut masquer celle de l’autre.

Le prix du gaz va-t-il baisser ou augmenter pour les entreprises ?

Les deux, selon la composante. La molécule (part négociable) est anticipée en baisse à terme ; l’acheminement et les taxes (parts réglementées) sont plutôt orientés à la hausse. Le résultat net dépend de la structure de votre contrat et de votre profil.

Qu’est-ce que la backwardation ?

C’est la situation où les contrats à livraison lointaine cotent moins cher que les contrats à livraison proche. Sur le gaz, elle traduit l’anticipation d’une détente des prix portée par le GNL et une demande européenne plus faible.

Faut-il fixer son prix de gaz maintenant pour 2030 ?

Si votre priorité est la visibilité budgétaire, fixer un prix pluriannuel pendant que les échéances lointaines sont basses a du sens. Si vous pouvez absorber la volatilité, une part indexée ou un contrat à clics permet de continuer à capter la baisse. La décision se cadre selon votre profil.

Prix fixe ou prix indexé pour le gaz ?

Le prix fixe protège le budget mais ne profite pas des baisses ; l’indexé suit le marché dans les deux sens. Entre les deux, le contrat à clics permet de fixer par tranches.

Quelle part de ma facture de gaz est négociable ?

Seule la part « molécule » (le marché) se négocie. L’acheminement (ATRT/ATRD), l’accise sur les gaz naturels (16,39 €/MWh en 2026), la CTA et la TVA à 20 % sont réglementés et identiques quel que soit le fournisseur.

Les tensions géopolitiques peuvent-elles annuler la baisse anticipée ?

Oui. Une crise d’approvisionnement, un choc sur le GNL ou une vague de froid peuvent faire remonter les prix rapidement. La courbe à terme reflète les anticipations à un instant donné, elle ne constitue pas une garantie.

Sur combien d’années peut-on sécuriser un prix de gaz aujourd’hui ?

Le marché coté permet de se positionner jusqu’à l’horizon 2030 de façon liquide. Au-delà, les cotations existent mais deviennent moins représentatives.

Comment un courtier sécurise-t-il un prix de gaz pour 2030 ?

Il analyse votre profil, met les fournisseurs en concurrence sur les échéances pertinentes, négocie la structure du contrat (fixe, indexé, clics) et définit la fenêtre d’achat adaptée à votre tolérance au risque.

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Auteur.rice de cet article

Manon JAMMES
Diplômée d’un master à Toulouse School of Management, Manon a développé une solide expérience en marketing digital et communication, notamment comme consultante, avant de rejoindre Capitole Energie en 2023. Aujourd’hui Responsable Communication, elle pilote avec énergie son équipe et les actions qui renforcent notre visibilité, tout en valorisant notre engagement auprès de nos clients et partenaires.

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