Chaque semaine, retrouvez notre analyse sur l’évolution des marchés de gros de l’électricité, du gaz naturel et de l’énergie verte. Une lecture de 8 à 10 minutes pour comprendre ce qui se passe sur les marchés et, surtout, ce que cela signifie pour votre contrat d’énergie.
Analyse de la semaine — clôture au 2 octobre 2026.
Prix de l’électricité | Cours de l’électricité en France
Hydraulique à sec : l’hiver se joue déjà sur les prix
Électricité · Clôture au 2 octobre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
94,36 €/MWh
CAL 28
60,03 €/MWh
CAL 29
54,17 €/MWh
CAL 30
57,34 €/MWh
La semaine a été marquée par une nette progression des prix à terme en France, le CAL-27 gagnant plus de 8 % en cinq jours pour s’établir à 94,36 €/MWh. Le mouvement s’étend aux échéances suivantes, avec une intensité décroissante. Cette hausse s’explique par la remontée des prix du gaz, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient qui a retiré du marché près de 20 % de l’offre mondiale de pétrole et de GNL depuis fin février.
Le second facteur est lié à la sécheresse et la chaleur, qui pèsent à la fois sur l’hydraulique et sur le nucléaire. RTE évoque la deuxième pire situation hydroélectrique depuis 50 ans, avec un déficit de production supérieur à 9 TWh qui ne devrait pas s’améliorer avant la mi-novembre. Côté nucléaire, EDF a prolongé jusqu’au 13 octobre l’arrêt des deux réacteurs de Chooz (3 GW, soit 4,8 % du parc), en raison du faible débit de la Meuse, qui ne montre pas encore de signe de rétablissement. Avec des températures attendues au-dessus des normales et des précipitations de nouveau déficitaires la semaine prochaine, le marché redoute un recours accru aux centrales à gaz et aux importations cet hiver.
Électricité : la sécheresse tire les prix vers le haut
Les prix à terme de l’électricité en France ont poursuivi leur envolée cette semaine, le CAL-27 clôturant à 94,36 €/MWh, son niveau le plus haut sur la période observée. Le marché ajuste ses anticipations à la hausse face à un cumul de facteurs : un gaz toujours soutenu par le conflit au Moyen-Orient, et une sécheresse qui fragilise les réserves d’eau comme la disponibilité du parc nucléaire.
France : des réserves hydrauliques au plus bas
Les stocks sont remplis à 51 %, soit 27 points de moins que la moyenne des trois dernières années. Septembre a été le mois le plus sec jamais enregistré en France. Un retour des pluies est attendu à partir de novembre, mais la production restera inférieure à celle du premier semestre.
Nucléaire : Chooz toujours à l’arrêt
EDF a prolongé jusqu’au 13 octobre l’arrêt des deux réacteurs de Chooz (3 GW, soit 4,8 % du parc), en raison du faible débit de la Meuse. Avec des températures supérieures aux normales et des précipitations de nouveau déficitaires, le rétablissement tarde..
Alpes : la neige, un stockage en perte de vitesse
Les lacs suisses ne sont remplis qu’à 46 %, soit 16 points sous la moyenne sur vingt ans, et les réservoirs du nord de l’Italie à 34 %. La hausse de la limite pluie-neige de 200 à 300 mètres réduit le manteau neigeux, qui alimente habituellement les stocks au printemps.
Pays nordiques : la « batterie » de l’Europe sous pression
Le déficit hydrologique atteint 14,8 TWh, dont 14,3 TWh pour la Norvège. Il existe 20 à 25 % de probabilité que les réservoirs norvégiens descendent à 10 % en avril 2027, un niveau historiquement bas. Le rôle de stabilisateur du continent, via les interconnexions vers le Royaume-Uni et l’Allemagne, pourrait s’en trouver fragilisé.
Faits marquants électricité – semaine du 28 au 2 octobre 2026
Hongrie : le marché électrique baisse grâce aux renouvelables malgré les coupures nucléaires
Le prix de l’électricité au lendemain en Hongrie a chuté de 32 % sur la semaine, la hausse du solaire et de l’éolien compensant les arrêts nucléaires régionaux et la faible hydraulique. Le contrat s’établit néanmoins à 163,72 €/MWh, sous l’effet de la hausse du gaz. La situation reste tendue avec deux centrales nucléaires régionales à l’arrêt (Cernavoda, Paks), les analystes anticipant une hausse possible de 66 % des prix au T4.
Finlande : la demande électrique attendue en hausse de 44 % d’ici 2030
Portée par le boom des data centers, la demande électrique finlandaise devrait passer de 85 à 123 TWh d’ici 2030. La consommation des data centers à elle seule bondirait de 2 à 18 TWh. En parallèle, la production augmenterait de 47,5 % (118 TWh), tirée par l’éolien terrestre (10 à 15 GW) et le solaire, qui devrait tripler pour atteindre 6 GW.
Croatie : la chute de l’hydroélectricité pousse aux importations
La production hydroélectrique croate a chuté de 57 % au deuxième trimestre, faisant basculer le pays d’exportateur net à importateur net (1 121 GWh), l’électricité importée couvrant près d’un quart de la demande. Le solaire progresse fortement en compensation (+42,5 % sur un an). Le prix moyen sur la bourse Cropex atteint 111,77 €/MWh au premier semestre, avec des prix au T2 en hausse de 22 % sur un an.
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Prix du gaz | Cours du gaz en France
Gaz : La hausse continue, les stocks en retrait
Gaz · Clôture au 2 octobre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
58,287 €/MWh
CAL 28
38,163 €/MWh
CAL 29
30,006 €/MWh
CAL 30
26,025 €/MWh
Le marché du gaz a connu une semaine de hausse, le CAL-27 clôturant à 58,287 €/MWh, en progression sur l’ensemble de la courbe. Le TTF à échéance rapprochée termine vendredi autour de 74 €/MWh, après avoir effacé ses pertes de début de séance. Le marché reste pris entre des fondamentaux qui se détendent à court terme, avec une offre norvégienne en hausse, une météo clémente et des flux plus sains dans les gazoducs et le GNL, et des inquiétudes persistantes sur l’approvisionnement à plus long terme.
Les craintes se concentrent sur l’hiver. Les importations européennes de GNL ont reculé de 3,3 % sur les trois premiers trimestres, à 79,5 Mt, en raison des perturbations au Moyen-Orient et de la pénurie persistante de GNL qatari, même si les livraisons de septembre devraient atteindre un sommet en quatre mois (7,56 Mt). Les stocks européens, remplis à 71,5 %, affichent 11 points de moins qu’il y a un an, ce qui laisse peu de marge pour absorber un nouveau choc. L’Europe devrait surenchérir sur les cargaisons de GNL cet hiver, ce qui entretient la tendance haussière des prix pour les prochains mois.
Gaz : des stocks plus bas, un hiver sous surveillance
Le marché du gaz a progressé cette semaine sur l’ensemble de la courbe, le CAL-27 clôturant à 58,287 €/MWh. Les fondamentaux se détendent à court terme, mais les inquiétudes sur l’approvisionnement avant l’hiver continuent de soutenir les prix.
TTF : une hausse malgré des signaux plus sains
Le contrat néerlandais à échéance rapprochée a repris sa tendance haussière vendredi après-midi, autour de 74 €/MWh, après avoir effacé ses pertes de début de séance. Le marché reste pris entre des fondamentaux apaisés à court terme et des craintes à plus long terme.
Offre : des flux plus sains à court terme
La hausse de l’offre norvégienne, une météo relativement clémente et des flux plus réguliers dans les gazoducs et le GNL limitent la pression immédiate sur les prix.
GNL : un déficit qui persiste
Les importations européennes de GNL ont reculé de 3,3 % sur les trois premiers trimestres, à 79,5 Mt, en raison des perturbations au Moyen-Orient et de la pénurie de GNL qatari. Les livraisons de septembre devraient toutefois atteindre un sommet en quatre mois, à 7,56 Mt.
Stocks : peu de marge avant l’hiver
Au 1er octobre, les stocks français sont à 83,77 %, contre 91,75 % un an plus tôt. Sur les deux derniers hivers, le déstockage entre le 1er octobre et le 1er janvier a été quasi identique, autour de 31 points. À ce rythme, la France arriverait début janvier 2027 aux alentours de 52 %, contre 59 à 61 % les deux années précédentes. Même sans nouvelle tension sur l’approvisionnement, on aborde donc l’hiver avec moins de marge de manœuvre..
Faits marquants gaz – semaine du 28 au 2 octobre 2026
Allemagne : Sefe doit stocker 8 TWh de gaz d’ici mi-décembre
Le gouvernement allemand a ordonné à l’énergéticien public Sefe d’injecter 8 TWh de gaz dans les stockages d’ici le 15 décembre, invoquant la persistance des risques géopolitiques liés au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Les réserves allemandes se situent à un niveau historiquement bas de 57,7 %, bien en dessous de la moyenne européenne de 71,3 %. Berlin prévoit par ailleurs de constituer une réserve stratégique de gaz à partir de 2027 pour mieux anticiper de futurs risques d’approvisionnement.
Gaz : l’Europe doit rester prête à réduire sa demande, prévient une ancienne commissaire
L’Europe est mieux préparée à la crise énergétique qu’en 2022, mais doit rester prête à réduire sa demande de gaz en cas de fournisseurs imprévisibles, notamment américains, selon l’ancienne commissaire Kadri Simson. Le niveau de stockage (71,3 % en moyenne UE) devrait suffire, sauf perturbation majeure des flux de GNL ou de pipeline. La dépendance croissante au GNL américain (58 % de part de marché en 2025) reste un point de vigilance face à un risque de restriction des exportations.
Royaume-Uni : le plafond des prix du gaz pourrait grimper de 16 % en janvier
Les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient pourraient faire grimper le plafond des prix de l’énergie britannique de 16 % en janvier, à près de 2 000 GBP/an, même en cas d’accord de paix. Les factures augmentent déjà de 4 % en octobre (1 723 GBP/an), et la hausse de janvier serait la plus forte depuis 2023. Le conflit a perturbé environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL via Ormuz, avec un risque de prolongation des effets au-delà de cet hiver.
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Lancer mon comparatif énergieActualité énergie verte & transition
Renouvelables : Entre nouveaux projets et incertitudes sur l’hiver à venir
France : le solaire affiche ses revenus estivaux les plus élevés depuis 3 ans
La production solaire française a capté en août un prix moyen de 72,82 €/MWh, son plus haut niveau estival depuis 2023, contre 26,61 €/MWh un an plus tôt, portée par des réductions record du nucléaire et la flambée du gaz après la fermeture d’Ormuz. Le nouveau mécanisme d’écrêtement des renouvelables a par ailleurs réduit d’un tiers le nombre d’heures à prix négatifs.
France : le parc éolien en mer du Calvados (448 MW) démarrera fin 2027
EDF prévoit la mise en service progressive de son parc éolien du Calvados (448 MW) à partir de septembre 2027, après un report de deux ans lié à un problème d’équipement. Ce sera le cinquième parc offshore français, la France visant 31 GW d’éolien d’ici 2030 (dont 3,6 GW en mer) et 45 GW en 2050. Un appel d’offres de 10 GW est en cours, avec dépôt des offres jusqu’au 12 octobre.
Autriche : la croissance des renouvelables dépasse de 25 % l’objectif, portée par le solaire
L’Autriche a ajouté 10,2 GW de capacités renouvelables entre 2021 et 2025, dépassant de 25 % l’objectif de la loi EAG, principalement grâce au solaire, seule filière à avoir atteint son objectif individuel. La production hydroélectrique a chuté à son plus bas niveau depuis 2020, tirant la production électrique totale à la baisse (-11 %). Les renouvelables ont couvert 78 % de la consommation en 2025, mais un déficit subsiste pour atteindre l’objectif de couverture totale visé en 2030.
Allemagne : le programme d’électricité verte excédentaire peine à susciter la demande
Le dispositif allemand « utiliser au lieu de réduire », qui vise à rediriger le surplus d’électricité renouvelable écrêtée vers des consommateurs flexibles comme les électrolyseurs, entre dans une nouvelle phase avec des appels d’offres concurrentiels, mais peine à convaincre. Les gestionnaires de réseau y voient un « potentiel important », mais peu d’installations y ont participé jusqu’ici, freinées par des obstacles économiques et des critères d’éligibilité jugés trop stricts. Certains acteurs, comme EWE, prévoient malgré tout d’y recourir avec un électrolyseur en construction, tandis que d’autres, comme Next Kraftwerke, ne voient pas encore de base économique suffisante pour participer.
Italie : nouvelle réglementation hydroélectrique en 2027, sans appel d’offres
L’Italie prévoit d’introduire en 2027 une règle permettant aux titulaires de concessions hydroélectriques de conserver leurs droits en présentant un plan d’investissement, plutôt que via un nouvel appel d’offres. Environ un cinquième des licences ont déjà expiré ces trois dernières années, et 69 % des licences restantes arriveront à échéance d’ici 2029. Selon Assoidroelettrica, 15 milliards d’euros d’investissements bloqués par cette incertitude pourraient débloquer une hausse de production de 10 à 15 % une fois la règle mise en place.