Benoit Vilcot dans Capital | Les primes de risques baissent : c’est une opportunité

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Benoit Vilcot, Directeur Général de Capitole Énergie, a été interrogé par le magazine Capital sur l’évolution des prix à la pompe, à la suite de l’accord du 18 juin entre Washington et Téhéran sur le détroit d’Ormuz.

Son analyse portait sur le carburant grand public, mais les mécanismes qu’il décrit (la prime de risque géopolitique, le délai de transmission entre marchés de gros et prix payés, la fenêtre d’achat stratégique) sont exactement ceux qui structurent les marchés du gaz et de l’électricité pour les entreprises. C’est cette grille de lecture que nous proposons de transposer ici.

Une mécanique de marché qui dépasse le carburant

« La réouverture d’Ormuz, c’est la disparition progressive de cette prime liée au risque géopolitique », résume Benoit Vilcot dans Capital.

Lui qui dirige aujourd’hui Capitole Énergie après plusieurs années comme trader chez Engie Global Markets connaît bien ce réflexe des marchés : intégrer le risque avant même qu’il ne se matérialise.

  • Le gaz suit la même logique, et pour une raison directe : une partie des flux mondiaux de GNL transite par cette même zone stratégique. Quand les tensions s’apaisent, la prime de risque sur le gaz se résorbe selon un mécanisme comparable à celui du pétrole.
  • L’électricité, elle, obéit à une logique plus composite. Le marché français reste d’abord sensible à des facteurs qui lui sont propres : disponibilité du parc nucléaire, météo, production éolienne. Le gaz l’influence bien via le mécanisme de prix marginal sur le marché de gros, mais cette transmission reste indirecte, et peut être contrariée par d’autres facteurs au même moment.

Pourquoi la baisse ne se voit jamais tout de suite sur la facture

« La transmission entre les pétroles bruts et les stations-service prend en général plusieurs semaines, les baisses ne sont pas instantanées », rappelle Benoit Vilcot.

Le même décalage existe, sous une autre forme, pour les entreprises qui achètent leur énergie.

Un contrat déjà signé ne bouge pas avec le marché spot. Les fournisseurs intègrent leurs propres marges et conditions de couverture. Et la fiscalité, en grande partie fixe, amortit une partie du mouvement. Résultat : une détente sur les cours de gros ne se traduit jamais immédiatement, ni proportionnellement, sur le prix payé au moment du renouvellement.

Une fenêtre d’achat, pas une garantie

« Le marché réagit assez rapidement aux dernières négociations [observe Benoit Vilcot], mais la moindre nouvelle sur le terrain géopolitique peut faire basculer la logique des prix. »

C’est exactement la tension dans laquelle naviguent les acheteurs d’énergie professionnels : profiter d’une accalmie sans pouvoir garantir qu’elle dure.

D’où ce principe, qu’il résume simplement : « Anticiper, ne pas attendre le dernier moment, profiter de cette période pour faire un achat stratégique. »

Il ne s’agit pas de viser le point bas parfait, impossible à identifier à l’avance, mais de reconnaître une fenêtre favorable et d’en profiter pour sécuriser une partie de sa consommation future.

Ce principe vaut pour un plein de carburant comme pour le renouvellement d’un contrat de gaz ou d’électricité.

Et pour une entreprise qui doit changer son contrat ?

Concrètement, cette grille de lecture invite à se poser deux questions avant une échéance contractuelle.

  • La composante de risque géopolitique qui pesait sur les prix ces derniers mois s’est-elle réellement résorbée, ou reste-t-elle susceptible de revenir rapidement ?
  • Et plutôt que d’attendre un signal de marché parfait, n’est-il pas plus pertinent de sécuriser une partie de ses volumes dès maintenant, par exemple via un contrat à prix fixe sur une portion de la consommation, plutôt qu’une exposition totale au marché spot ?

C’est ce travail de lecture, au-delà des prix affichés, qui distingue une stratégie d’achat d’énergie passive d’une stratégie pilotée.

Comprendre les marchés, c’est mieux anticiper les opportunités.

Restez informé des évolutions des marchés du gaz et de l’électricité avec l’Hebdo de l’Énergie : chaque semaine, nos experts décryptent les mouvements de marché à surveiller et leur impact sur les coûts énergétiques des entreprises.

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Auteur.rice de cet article

Natalia STANATCHKOV
Natalia a rejoint Capitole Énergie en octobre 2024 dans le cadre de son Mastère en Marketing Digital. Depuis, elle prête sa plume pour contribuer activement au blog de l’entreprise. Elle suit de près l’actualité du secteur, des tendances marché aux évolutions de l’entreprise, et s’attache à rendre l’information accessible, utile et synthétique pour vous, les professionnels qui nous lisent au quotidien.

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