Nouvelle année gazière : pourquoi le 1er octobre compte pour les contrats de gaz

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L’année gazière est la période de référence du marché européen du gaz. Elle commence chaque 1er octobre à 6h (heure de Paris) et se termine le 1er octobre suivant à 6h. Ce n’est pas une simple convention de calendrier : c’est la date à laquelle démarrent de nombreux contrats, capacités de transport et cycles de stockage.

Pour une entreprise, le 1er octobre marque surtout l’entrée dans la saison de chauffe, la période où la demande et les prix sont les plus exposés.

Voici ce qu’il faut comprendre, et ce que cela change pour votre contrat de gaz, expliqué par Capitole Energie, courtier en énergie pour les entreprises basé à Toulouse.

Qu’est-ce que l’année gazière (gas year) ?

L’année gazière, appelée gas year en anglais, est une période de 365 ou 366 journées gazières. Elle court du 1er octobre à 6h, heure d’Europe centrale, au 1er octobre de l’année suivante à 6h. L’année gazière 2026-2027 a donc commencé le 1er octobre 2026.

Ce calendrier est harmonisé dans toute l’Union européenne par les codes de réseau européens, notamment le règlement (UE) 2017/459 sur l’allocation des capacités de transport (dit code CAM).

Il sert de base aux contrats de transport, aux enchères de capacités entre pays, aux contrats de stockage et à une partie des contrats d’approvisionnement.

Dans les textes contractuels, on parle aussi parfois d’« année contractuelle » (contract year).

L’heure de début peut aussi être exprimée en temps universel : 5h UTC en hiver et 4h UTC en été. Il s’agit bien de la même heure, 6h à Paris.

Journée gazière et année gazière : quelle différence ?

La journée gazière (gas day) est l’unité de base du marché. Elle ne commence pas à minuit mais à 6h du matin, et dure jusqu’à 6h le lendemain. C’est sur cette journée que les fournisseurs déclarent les quantités qu’ils injectent et soutirent du réseau, et que les écarts sont équilibrés.

L’année gazière est simplement la somme de ces journées, du 1er octobre au 30 septembre.

Les deux ont été harmonisées à l’échelle européenne : depuis 2015, tous les pays de l’Union, et le Royaume-Uni à l’époque, utilisent les mêmes horaires. Un fournisseur qui achète du gaz en Belgique et le livre en France travaille donc sur le même calendrier des deux côtés de la frontière.

Pourquoi l’année gazière commence le 1er octobre ?

Le 1er octobre est choisi parce qu’il marque la bascule entre les deux grandes saisons du gaz. L’année gazière suit le cycle des stockages plutôt que l’année civile :

  • La saison d’été, d’avril à septembre. La consommation est faible. Les opérateurs remplissent les stockages souterrains, en France ceux de Storengy et de Teréga. En pratique, l’injection se poursuit souvent jusqu’à fin octobre.
  • La saison d’hiver, d’octobre à mars. Le chauffage fait grimper la demande. À partir de novembre, on puise dans les stocks pour compléter les importations.

Commencer l’année en octobre permet de regrouper tout un hiver dans la même année gazière, avec l’été de remplissage qui le précède. C’est plus logique pour réserver des capacités, signer des contrats de stockage et suivre la sécurité d’approvisionnement : un hiver n’est jamais coupé en deux exercices. C’est pour cela que l’automne est un moment charnière. Le niveau des stocks au 1er octobre donne une première idée de la façon dont l’Europe aborde l’hiver, et les marchés réagissent en conséquence.

Ce découpage se retrouve directement sur le marché à terme, où fournisseurs et entreprises achètent leur gaz pour les mois à venir. Quand une offre parle de l’« Hiver 2026-2027 », il s’agit du gaz livré du 1er octobre 2026 au 31 mars 2027. L’« Été 2027 » couvre d’avril à septembre 2027.

L’hiver se négocie presque toujours plus cher que l’été, parce que la demande y est beaucoup plus forte. Cet écart, appelé spread été-hiver, est ce qui rend le stockage rentable : on achète du gaz en été pour l’injecter, puis on le revend en hiver. En septembre 2026, il est particulièrement marqué : l’hiver 2026-2027 se négocie autour de 70 €/MWh, contre 45 à 50 €/MWh pour l’été 2027.

À côté des saisons, le marché propose aussi des produits mensuels, trimestriels et annuels. Attention à une nuance : les produits annuels les plus échangés, appelés CAL (par exemple CAL27), suivent l’année civile, de janvier à décembre, et non l’année gazière. Un contrat d’entreprise sur deux ans peut donc combiner une fin de saison d’hiver, plusieurs CAL et un début de saison suivante.

Ce qui se joue au 1er octobre sur le marché français

En France, le gaz s’échange sur le PEG (Point d’échange de gaz), le marché de gros national. Le réseau de transport est géré par GRTgaz et Teréga, sous le contrôle de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Au début de chaque année gazière, plusieurs éléments se mettent en place :

  • les capacités de transport annuelles réservées par les fournisseurs entrent en vigueur ;
  • les capacités de stockage souscrites pour l’hiver sont mobilisables ;
  • les contrats d’approvisionnement calés sur l’année gazière démarrent ou se renouvellent.

Cette rentrée 2026 se fait sur un marché tendu.

Le conflit impliquant l’Iran a fait fortement monter les prix européens du gaz, et la filière française anticipe des prix élevés pendant tout l’hiver. L’interdiction des livraisons de gaz russe dans l’Union, prévue pour janvier, ajoute de l’incertitude (Pipeline & Gas Journal, septembre 2026). L’hiver qui commence concentre donc le risque de prix.

Côté approvisionnement, la situation française est plus rassurante. Les stockages souterrains étaient remplis à 83,5 % au 29 septembre 2026, selon la plateforme européenne AGSI+ de Gas Infrastructure Europe. La CRE vise un niveau de 85 % avant l’entrée dans l’hiver (Connaissance des Énergies, 15 septembre 2026). La règle européenne fixe un objectif de 90 %, qui peut depuis 2025 être atteint entre le 1er octobre et le 1er décembre. Des stocks bien remplis limitent le risque de pénurie, mais pas celui d’une hausse des prix.

Quel est l’historique du prix du gaz ? 

Pendant les années 2010, le gaz s’échangeait en Europe entre 5 et 35 €/MWh. La crise énergétique de 2022 a tout changé : avec l’arrêt du gaz russe, le prix de référence européen (TTF) a atteint un record d’environ 340 €/MWh fin août 2022. Les prix sont ensuite redescendus progressivement, jusqu’à environ 30 €/MWh fin 2025. En 2026, la guerre impliquant l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont relancé la hausse : le TTF a dépassé 80 €/MWh à la mi-septembre. Même les contrats pour livraison en 2027, ceux que signent les entreprises, ont plus que doublé en un an, passant d’environ 25 à près de 60 €/MWh.

Suivez l’évolution des prix chaque semaine. Prix du PEG et du TTF, niveau des stocks, actualité géopolitique : notre équipe décrypte le marché dans L’Hebdo de l’énergie.

Quel impact sur le contrat de gaz d’une entreprise ?

L’année gazière ne déclenche pas de changement automatique de votre facture. Son effet dépend surtout du type de contrat que vous avez signé.

Type de contratCe qui se passe à l’entrée de l’hiverPour qui
Prix fixeLe prix de la molécule reste celui signé jusqu’à l’échéance. Vous êtes protégé des hausses, mais vous ne profitez pas des baisses.Entreprises qui veulent un budget prévisible
Prix indexéLe prix suit le marché (PEG), souvent au mois. Une flambée en hiver se retrouve rapidement sur la facture.Entreprises qui acceptent la volatilité ou couvrent une partie de leurs volumes

Pour une entreprise au prix indexé, l’hiver est la période la plus exposée : c’est là que la consommation est la plus forte, et souvent les prix aussi. Un même écart de quelques euros par MWh pèse beaucoup plus sur une facture de janvier que sur une facture de juillet.

L’automne est aussi une période d’échéances. De nombreux contrats professionnels arrivent à terme au 1er octobre ou au 1er janvier. Les fournisseurs construisent alors leurs nouvelles offres à partir des prix à terme de l’hiver et de l’année suivante. Renouveler au mauvais moment, ou laisser un contrat basculer sur un prix par défaut, peut coûter cher.

3 bons réflexes avant l’hiver

Le début de l’année gazière est un bon moment pour faire le point sur votre contrat. Trois vérifications suffisent à éviter la plupart des mauvaises surprises :

  1. Repérez la date d’échéance de votre contrat et le préavis à respecter pour le renouveler ou en changer.
  2. Estimez votre exposition à l’hiver. Regardez la part de votre consommation annuelle concentrée entre novembre et mars.
  3. Comparez avant de signer. Les offres varient fortement d’un fournisseur à l’autre, et d’une semaine à l’autre quand le marché bouge.
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Quand commence l’année gazière ?

L’année gazière commence le 1er octobre à 6h, heure de Paris, et se termine le 1er octobre suivant à 6h. L’année gazière 2026-2027 a débuté le 1er octobre 2026.

Que signifie « gas year » ?

Gas year est le terme anglais pour année gazière. Il est utilisé dans les contrats et les textes européens sur le marché du gaz.

Pourquoi la journée gazière commence-t-elle à 6h ?

C’est l’horaire fixé par les codes de réseau européens (règlement (UE) 2017/459) : la journée gazière va de 5h à 5h UTC en hiver et de 4h à 4h UTC en été, soit toujours 6h à Paris. Tous les pays de l’Union utilisent ce même horaire.

L’année gazière change-t-elle le prix de mon contrat au 1er octobre ?

Pas automatiquement. Un contrat à prix fixe reste au prix signé jusqu’à son échéance. Un contrat indexé suit le marché, qui est souvent plus haut et plus volatil en hiver.

Est-ce le bon moment pour renégocier son contrat de gaz ?

C’est en tout cas le bon moment pour vérifier son échéance et son exposition à l’hiver. Le meilleur moment pour signer dépend de l’évolution des prix à terme, qu’un courtier peut suivre pour vous.

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Auteur.rice de cet article

Natalia STANATCHKOV
Natalia rédige des contenus spécialisés pour les acheteurs d'énergie professionnels, des PME aux grands groupes industriels, depuis octobre 2024. En collaboration avec les consultants de Capitole Énergie, elle transforme les sujets techniques liés aux marchés de l'électricité et du gaz, aux contrats d'énergie et aux évolutions réglementaires en contenus clairs, pédagogiques et documentés afin d'aider les entreprises à mieux comprendre leur environnement énergétique.

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