Chaque semaine, retrouvez notre analyse sur l’évolution des marchés de gros de l’électricité, du gaz naturel et de l’énergie verte. Une lecture de 8 à 10 minutes pour comprendre ce qui se passe sur les marchés et, surtout, ce que cela signifie pour votre contrat d’énergie.
Analyse de la semaine — clôture au 18 septembre 2026.
Prix de l’électricité | Cours de l’électricité en France
Le CAL-27 marque une pause après sa flambée
Électricité · Clôture au 18 septembre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
87 €/MWh
CAL 28
58,03 €/MWh
CAL 29
56,06 €/MWh
Le CAL-27 a touché 92,80 €/MWh lundi 14 septembre, un nouveau sommet sur la période récente, avant de refluer progressivement tout au long de la semaine pour clôturer vendredi 18 septembre à 87,00 €/MWh. La semaine précédente, le contrat s’échangeait autour de 87-90 €/MWh (87,36 €/MWh le 9 septembre, 90,22 €/MWh le 10 septembre). Le CAL-28 a suivi une trajectoire similaire, culminant à 63,76 €/MWh lundi avant de retomber à 58,03 €/MWh vendredi, tandis que les CAL-29 et CAL-30 sont restés globalement stables, autour de 56-59 €/MWh.
Le nucléaire français reste sous pression : EDF a averti qu’elle pourrait devoir réduire la production de sa centrale de Civaux (3 GW) à partir du 1er octobre en raison du faible débit de la Vienne, une contrainte qui pourrait se prolonger jusqu’à mi-octobre selon les prévisionnistes. Les réductions liées à la chaleur devaient par ailleurs atteindre 5,2 GW le week-end dernier, soit 8 % du parc nucléaire, contre 10 % initialement anticipés après l’annulation d’une coupure sur St Alban 1. Les températures françaises devraient rester supérieures à la normale les deux prochaines semaines, entretenant des conditions de sécheresse et un risque de dégradation de la situation hydroélectrique en Europe fin septembre.
Électricité : Un T4 sous tension malgré des prévisions météo plus clémentes
Alors qu’un automne plus doux que la normale pourrait peser sur les prix de l’électricité au quatrième trimestre, plusieurs indisponibilités touchant le parc nucléaire viennent contrebalancer cette tendance et maintenir le marché sous tension à l’approche de l’hiver.
Des prix sous influence de facteurs contraires
Les températures supérieures aux normales attendues jusqu’en décembre pourraient exercer une pression baissière sur les prix. Mais cette tendance ne devrait pas être linéaire : une disponibilité nucléaire restreinte, des réserves hydrauliques moins abondantes et des prix du gaz volatils devraient continuer à soutenir le marché, laissant présager une forte volatilité sur l’ensemble du T4.
Golfech et Civaux, deux réacteurs sous contrainte
Le réacteur Golfech 1, à l’arrêt depuis mai, voit sa maintenance à nouveau prolongée. Dans le même temps, EDF a averti que la centrale de Civaux pourrait devoir réduire sa production dès le 1er octobre, en raison d’un débit trop faible de la Vienne. Cette contrainte environnementale pourrait perdurer jusqu’à la mi-octobre, le débit de la rivière n’étant pas attendu en amélioration d’ici là.
Une flexibilité hydraulique réduite
La sécheresse de l’été 2026 continue de peser sur les réserves hydrauliques françaises, inférieures à celles des années précédentes. Le système disposera donc de moins de flexibilité de la part des barrages cet hiver. Une amélioration reste toutefois possible, des précipitations supérieures à la normale étant anticipées sur le trimestre en France, dans les Alpes et en Italie.
Faits marquants électricité – semaine du 14 au 18 septembre 2026
France : un automne doux devrait peser sur les prix de l’électricité au T4
Les prix de l’électricité français au quatrième trimestre devraient subir une pression à la baisse liée à des températures supérieures à la normale (environ +1°C jusqu’en décembre), tandis qu’une disponibilité nucléaire plus restreinte, des réserves hydroélectriques affaiblies par la sécheresse et des prix du gaz volatils devraient apporter un soutien. Les prix se sont établis en moyenne à 146,54 EUR/MWh depuis début septembre, avec des contrats à terme autour de 147,50 EUR/MWh en octobre, 159 EUR/MWh en novembre et 150 EUR/MWh en décembre, dans un contexte de forte volatilité attendue.
Royaume-Uni : les prix de l’électricité pourraient encore augmenter au T4
Les prix de l’électricité britanniques, dont le spot base a récemment atteint un sommet en 20 mois à 175 GBP/MWh, pourraient encore progresser au quatrième trimestre sous l’effet de la flambée du gaz liée à la guerre en Iran, les contrats à terme sur le NBP se négociant au-dessus de 200 pence/th jusqu’au T2 2027. Le contrat d’électricité de base T4 s’échange autour de 160 GBP/MWh, avec un risque de nouvelle hausse en cas de vague de froid prolongée, même si un scénario plus modéré anticipe un repli d’environ 14 GBP/MWh par rapport au marché actuel.
Allemagne : hausse des prix de l’électricité tirée par le gaz et le carbone
Les contrats à terme sur l’électricité allemande ont progressé vendredi, portés par la hausse du gaz et du carbone, sur fond de tensions liées à la guerre entre les États-Unis et l’Iran. À plus court terme, le marché du lendemain a nettement reculé, avec des prix devenus négatifs en journée, portés par une production éolienne attendue en forte hausse et une demande en repli.
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Prix du gaz | Cours du gaz en France
Le TTF franchit un seuil oublié depuis 2023
Gaz · Clôture au 18 septembre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
58,651 €/MWh
CAL 28
36,955 €/MWh
CAL 29
28,786 €/MWh
Le PEG a débuté la semaine à 60,00 €/MWh sur le Cal-27, avant de refluer progressivement pour clôturer vendredi à 58,65 €/MWh. Les échéances plus lointaines sont restées globalement stables, le Cal-28 évoluant entre 36 et 37 €/MWh et les Cal-29/Cal-30 autour de 28-29 €/MWh et 25 €/MWh respectivement sur l’ensemble de la semaine.
Ce repli intervient dans un contexte de marché européen sans direction claire, où la faible offre liée aux coupures norvégiennes et aux tensions persistantes au Moyen-Orient s’est heurtée à une demande affaiblie par des températures plus douces et des conditions plus venteuses, limitant la consommation de gaz des centrales électriques. Le remplissage moyen des stocks européens reste néanmoins à un plus bas historique pour cette période de l’année (68,84 %), un niveau jamais observé depuis le début des relevés en 2011, tandis que l’incertitude persistante autour d’un éventuel accord de paix entre les États-Unis et l’Iran continue de peser sur la direction du marché. Les flux norvégiens, encore fragilisés par une coupure imprévue sur le champ de Troll, n’ont pour l’instant pas suffi à inverser cette dynamique de prudence généralisée.
Gaz : Entre correction technique et prudence face à l’hiver
Le marché gazier européen a marqué une pause cette semaine, entre repli technique et vigilance persistante sur les niveaux de stockage à l’approche de la saison de chauffage.
Un repli progressif depuis le pic de lundi
Après avoir touché un sommet pluriannuel de 84,50 €/MWh en début de semaine, le TTF Month-Ahead a reculé jusqu’à 76,68 €/MWh jeudi, son plus bas niveau depuis le 8 septembre, avant de remonter légèrement vendredi à 78,13 €/MWh. Le PEG français a suivi une trajectoire similaire sur le Cal-27, passant de 60,00 €/MWh en début de semaine à 58,65 €/MWh vendredi.
Des stocks toujours au plus bas
Le remplissage moyen des capacités de stockage européennes s’établit à 68,84 %, un niveau historiquement bas pour cette période de l’année depuis le début des relevés en 2011, contre plus de 80 % à la même époque l’an dernier. Cette fragilité entretient une incertitude persistante à l’approche de l’hiver.
Une offre norvégienne perturbée
Les flux de gaz norvégien restent inférieurs de 11 % à leur niveau de début de semaine, pénalisés par une coupure imprévue sur le champ de Troll et d’autres arrêts pour maintenance, un facteur de soutien pour les prix malgré la baisse de la demande.
Une tendance de fond toujours haussière
Si la baisse de la demande liée à des températures plus douces et venteuses a permis d’absorber la réduction de l’offre, la tendance haussière de fond reste intacte selon le marché, portée par l’incertitude géopolitique persistante autour d’un possible accord de paix entre les États-Unis et l’Iran et par la concurrence sur le marché spot du GNL asiatique.
Faits marquants gaz – semaine du 14 au 18 septembre 2026
Italie : la flambée des coûts énergétiques menace l’industrie
Les entreprises industrielles italiennes, particulièrement exposées via le secteur de la céramique (85-90 % de gaz dans leur consommation d’énergie), subissent une hausse des coûts liée à l’envolée du TTF, qui a atteint 84,50 EUR/MWh (plus haut depuis fin 2022), contre environ 32 EUR/MWh avant le conflit irano-américain. Les entreprises ayant couvert leurs besoins peuvent absorber le choc au prix de marges réduites, mais l’arrivée à échéance des contrats fixés à bas prix les expose désormais aux niveaux actuels, jugés inabordables pour se recouvrir.
Royaume-Uni : le gaz risque d’atteindre les niveaux de crise de 2022 cet hiver
Les prix du gaz britannique, déjà à leur plus haut depuis fin 2022 avec des contrats à terme au-dessus de 200 pence/th jusqu’au T2 2027, présentent des similitudes structurelles avec la situation de fin 2021, avant l’invasion de l’Ukraine. Un retour aux niveaux records de 2022 (pic à 800 pence/th) nécessiterait une vague de froid prolongée combinée à des perturbations persistantes du GNL du Golfe, un scénario jugé peu probable mais à surveiller compte tenu des stocks européens historiquement bas, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne. Le TTF a par ailleurs atteint lundi dernier un sommet en près de quatre ans à 84,50 EUR/MWh.
Allemagne : l’AFD promeut le nucléaire et le gaz russe aux élections régionales
À l’approche des élections régionales dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti d’extrême droite AFD, bien placé dans les sondages, fait campagne pour un redémarrage du nucléaire allemand et la reprise des importations de gaz russe via Nord Stream. Ces propositions sont jugées irréalistes et coûteuses, la région disposant selon ses détracteurs d’opportunités plus pertinentes dans les renouvelables et un système énergétique moderne.
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Lancer mon comparatif énergieActualité énergie verte & transition
Renouvelables : La rareté fait grimper les prix
Garanties d’origine : les prix augmentent face à une demande plus rare
Les prix des garanties d’origine européennes ont progressé sur la semaine, portés par le retour de la demande et une enchère française bien souscrite. Les stocks allemands ont reculé sur 2025, signe d’une demande dépassant l’offre au niveau européen, dans un contexte de production hydroélectrique affaiblie qui pourrait tendre davantage le marché selon les conditions météorologiques du quatrième trimestre.
Turquie : le pays hôte de la COP31 privilégie encore les fossiles
Selon une étude du Climate Action Tracker, la Turquie continue de privilégier les combustibles fossiles malgré l’essor de l’éolien et du solaire, sa consommation de charbon et de gaz ayant augmenté en parallèle, le pays étant devenu en 2024 le premier producteur européen d’électricité à charbon. Ses politiques climatiques sont jugées « gravement insuffisantes » et incompatibles avec l’objectif de 1,5°C, alors même que la Turquie accueillera la COP31 à Antalya du 9 au 20 novembre.
Grèce : PPC va construire un centre de données de 300 MW pour Amazon
Le groupe grec PPC a signé un accord contraignant avec Amazon Web Services pour développer un centre de données de 300 MW en Macédoine occidentale, loué pour 15 ans, PPC assurant la construction du site et l’approvisionnement via des PPA renouvelables. L’installation, dont l’ouverture est visée pour 2028, pourrait être étendue jusqu’à 1 GW, les deux entreprises envisageant par ailleurs une collaboration élargie sur le cloud et l’IA.
PPA hybrides : la demande double face à l’incertitude sur les prix solaires
Les offres européennes de contrats d’achat d’électricité hybrides (PPA) ont plus que doublé sur un an, les acheteurs et développeurs cherchant à limiter le risque de cannibalisation lié à la production solaire simultanée. L’ajout de stockage permet de déplacer la production vers des heures de plus grande valeur, tandis que le prix moyen des offres solaires autonomes a progressé pour la première fois en un an au deuxième trimestre.
Hongrie : Mol inaugure un parc solaire de 37 MW et une centrale à batteries
La société énergétique hongroise Mol a mis en service un parc solaire de 37,4 MW couplé à un stockage par batterie de 20 MW, associé à sa centrale gaz d’Algyo, pour une réduction attendue de 13 000 tonnes de CO2 par an. Le groupe exploite désormais neuf parcs solaires (405 MW au total) et vise 500 MWh de capacité de stockage d’ici 2030.