Chaque semaine, retrouvez notre analyse sur l’évolution des marchés de gros de l’électricité, du gaz naturel et de l’énergie verte. Une lecture de 8 à 10 minutes pour comprendre ce qui se passe sur les marchés et, surtout, ce que cela signifie pour votre contrat d’énergie.
Analyse de la semaine — clôture au 30 octobre 2026.
Prix de l’électricité | Cours de l’électricité en France
Électricité : un nouveau record en dents de scie
Électricité · Clôture au 30 octobre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
128,16 €/MWh
CAL 28
70,94 €/MWh
CAL 29
62,97€/MWh
CAL 30
63,4 €/MWh
Les prix à terme français signent un nouveau record. Après un simple accroc mardi à 120,34 €/MWh, le CAL-27 termine la semaine à 128,16 €/MWh vendredi, soit près de 11 €/MWh de plus en une semaine, une hausse de 9,1 % par rapport aux 117,44 de vendredi dernier. Il a franchi successivement les 120 puis les 125 €/MWh. La semaine a été en dents de scie : hausse lundi, accroc mardi, nouveau plus haut mercredi à 124,05, repli jeudi, puis rebond de 4,5 % vendredi. À chaque repli, le marché est reparti plus haut, et les creux montent : on est passé de 106,67 le 20 octobre à 120,34 mardi, puis 122,61 jeudi. Plus loin sur la courbe, le mouvement s’atténue, mais le CAL-28 garde son avance sur le CAL-31 : la tension ne se limite plus à 2027.
Cette hausse s’explique avant tout par le gaz, que l’électricité suit de très près. Le marché reste sous tension : crainte d’une reprise des frappes contre l’Iran après les élections américaines, tensions au Moyen-Orient et stocks bas. Le nucléaire s’est un peu rétabli, mais 17 réacteurs restent à l’arrêt. C’est donc souvent le gaz qui fixe le prix de l’électricité, et le marché paie une prime sur 2027.
Électricité : Le CAL-27 à 128,16 €/MWh, les creux montent.
Une semaine agitée, mais qui se termine sur un nouveau sommet. Les prix ont alterné hausses et replis, mais chaque baisse s’est arrêtée plus haut que la précédente. Les incertitudes géopolitiques et le niveau des stocks restent les moteurs, et cette semaine s’annonce chargée.
France : le marché repart plus haut à chaque repli
Le CAL-27 termine à 128,16 €/MWh, soit 9,1 % de plus en une semaine. Après un accroc mardi, il a rebondi vendredi et touché un nouveau plus haut. Les creux montent : de 106,67 le 20 octobre à 122,61 jeudi. Le CAL-28 garde son avance sur le CAL-31.
Nucléaire : le parc se rétablit, mais 17 réacteurs restent à l’arrêt
Le parc s’est un peu rétabli, avec 31 % d’indisponibilité au 30 octobre contre 43 % la semaine dernière. Chooz 1 est revenu, pas Chooz 2. Bonne nouvelle toutefois : EDF a avancé de cinq jours le redémarrage de Cruas 4 (915 MW), désormais prévu le 20 novembre. Ce réacteur est arrêté depuis le 13 juin pour maintenance et pour des vérifications visant à prolonger sa durée de vie à au moins 50 ans.
EDF : un débrayage annoncé mercredi soir, un effet encore incertain
Un préavis de 24 heures a été déposé chez EDF, à partir de mercredi 4 novembre à 21h. Il fait suite aux manifestations « contre la vie chère » de jeudi dernier. Il peut peser sur la disponibilité du parc, mais son effet reste à confirmer.
Hydraulique : 9 % du parc en production, une réserve mobilisable en cas de pic.
Au 31 octobre à 16h, le parc hydraulique produisait 2,4 GW, soit 9 % de sa capacité. Il garde une réserve de 11 GW (41 %), utilisable rapidement lors des pointes de consommation. Cette flexibilité est utile, mais elle ne suffit pas à compenser à elle seule les arrêts de réacteurs.
Faits marquants électricité – semaine du 26 au 30 octobre 2026
Pays nordiques : l’électricité de novembre atteint un nouveau sommet
Les contrats à terme nordiques ont encore progressé mercredi dernier, le contrat de novembre touchant un record à 136,50 €/MWh avant de s’établir à 134,50 €/MWh (+1,50 €). Le mouvement est porté par des prévisions météo toujours sèches, avec un déficit hydrologique attendu à 12,1 TWh sous la normale d’ici quinze jours, et par la hausse du gaz : le TTF atteint 98,54 €/MWh, son plus haut depuis quatre ans, sur fond de possibles opérations américaines contre l’Iran après les élections de mi-mandat.
Allemagne : le spot proche de son plus haut en deux ans, faute de vent
Les prix de l’électricité allemande pour le lendemain devraient bondir de plus de 25 % mercredi dernier, le contrat base pour le lendemain s’établissant à 321 €/MWh sur l’EEX, contre 249,21 €/MWh pour une livraison ce jour-là, un niveau inédit depuis le 12 décembre 2024. Cette hausse s’explique par un effondrement attendu de la production éolienne, de 12,7 GW à 4,2 GW (-67 %), qui porte la charge résiduelle à 46,9 GW, soit 17,1 GW au-dessus de la normale, et fait grimper les importations nettes de 4,7 GW à 10,3 GW.
Royaume-Uni : le projet nucléaire Sizewell C jugé « désastreux » par une commission parlementaire
La Commission des comptes publics britannique a qualifié mercredi dernier le projet Sizewell C (3,2 GW) de « très mauvaise affaire pour le contribuable ». Selon elle, les conditions obtenues par le gouvernement, pourtant actionnaire majoritaire, font porter les risques financiers aux consommateurs et aux contribuables, tandis que les investisseurs privés bénéficient de profits protégés. Le comité rappelle qu’aucune centrale comparable n’a été livrée dans les délais et le budget, des projets de même conception ayant connu jusqu’à 14 ans de retard, à l’image d’Hinkley Point dont le budget a doublé pour atteindre environ 35 milliards de livres.
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Prix du gaz | Cours du gaz en France
Gaz : Le CAL-27 gaz à 80,69 €/MWh, la barre des 80 est franchie
Gaz · Clôture au 30 octobre 2026 · Source : EEX © Capitole Énergie
CAL 27
80,692 €/MWh
CAL 28
49,549 €/MWh
CAL 29
35,220 €/MWh
CAL 30
29,225 €/MWh
Nouvelle semaine très haussière sur le gaz. Le CAL-27 termine vendredi à 80,69 €/MWh, soit 5,3 €/MWh de plus que la semaine précédente, une hausse de 7 %, et passe la barre des 80. Il a touché un nouveau plus haut mercredi à 78,70, et ce malgré un repli mardi à 75,75 puis un autre jeudi à 76,92. La hausse se diffuse à toute la courbe, de moins en moins fort à mesure que l’échéance s’éloigne : +2,2 €/MWh sur le CAL-28 à 49,55, +1,1 sur le CAL-29, moins de 1 sur le CAL-30, et 0,35 sur le CAL-31 qui reste à 25,87.
Le moteur reste le Moyen-Orient. Le marché craint une reprise des frappes contre l’Iran après les élections américaines de mardi, les Houthis du Yémen continuent de viser l’Arabie saoudite, et le Qatar sécurise du GNL américain jusqu’en 2054, ce que le marché lit comme un risque durable sur Ormuz. Résultat, le gaz de référence en Europe atteint 102,91 €/MWh vendredi, après un pic à 104,05 en séance, son plus haut niveau depuis décembre 2022. Il gagne environ 10 % sur la semaine. S’y ajoutent le froid annoncé, avec 4,4 °C en moyenne en Allemagne la semaine prochaine contre 8,5 cette semaine, des stocks européens sous 75 %, au plus bas depuis au moins 2011, et une demande asiatique de GNL qui repart avant l’hiver.
Gaz : l’Europe entre dans l’hiver sous tension
Le gaz a de nouveau accéléré la semaine dernière. Les prix ont reculé deux fois, mais chaque repli s’est arrêté plus haut que le précédent. Le Moyen-Orient reste le moteur principal.
Le CAL-27 franchit les 80 €/MWh, le TTF passe au-dessus de 100
Le CAL-27 termine vendredi à 80,69 €/MWh, soit 7 % de plus en une semaine. La hausse se diffuse à toute la courbe, de moins en moins fort à mesure que l’échéance s’éloigne. Le prix de référence européen (TTF, mois suivant) a dépassé 100 €/MWh mercredi pour la première fois depuis 2022. Il termine vendredi à 102,91 €/MWh, après un pic à 104,05 en séance.
Moyen-Orient : le marché prend les devants
Le marché craint une reprise des frappes contre l’Iran après les élections américaines de mardi. Les Houthis continuent de viser l’Arabie saoudite. Le Qatar sécurise du GNL américain jusqu’en 2054, ce que le marché lit comme un risque durable sur Ormuz.
Stocks et météo : une marge réduite à l’entrée de l’hiver
En France, les stocks reculent depuis le 19 octobre, à 87,2 % contre 92,6 % l’an dernier. Ceux de l’Union européenne sont sous 75 %. Le froid annoncé, avec 4,4 °C en moyenne en Allemagne cette semaine contre 8,5 la semaine passée, va faire monter la demande de chauffage.
Russie : Washington pourrait peser sur l’Europe
Le rapprochement entre les États-Unis et la Russie s’étend aux questions d’énergie. La dépendance de l’Europe au GNL américain pourrait pousser Washington à l’inciter à reconsidérer ses importations de gaz russe. Aucune décision n’a été annoncée, et ce retour serait politiquement délicat pour les gouvernements européens.
Faits marquants gaz – semaine du 26 au 30 octobre 2026
Ukraine : les flux de gaz, une « grande incertitude » pour l’approvisionnement hivernal européen
Le fait que l’Ukraine soit exportatrice ou importatrice de gaz cet hiver constitue un facteur de risque pour les prix européens, selon une analyse publiée mercredi dernier. Le pays a rétabli sa production et dépassé son objectif de stockage, et devrait maintenir de modestes exportations d’environ 0,7 milliard de m³, contre 4,3 milliards de m³ d’importations nettes l’hiver dernier. Mais de nouvelles attaques russes sur les infrastructures énergétiques pourraient le faire redevenir importateur net, surtout en fin d’hiver, ce qui fragiliserait encore l’équilibre européen.
UE : la demande de gaz pourrait être réduite jusqu’à 6 % cet hiver pour préserver les stocks
L’UE pourrait réduire sa demande hivernale de gaz jusqu’à 6 %, soit 144 TWh (environ 13,8 milliards de m³), afin de maintenir les stocks à 20 % en avril, selon l’Acer, le régulateur européen de l’énergie, mercredi dernier. Sur la base d’une demande hivernale de 2 420 TWh, plus de 900 TWh de GNL pourraient devoir être importés pour finir l’hiver avec des stocks à 28 %, contre 34 % en avril 2025. Cette dépendance au GNL américain, qui représente près des deux tiers des importations européennes cet été contre 18 % en 2020, est accentuée par la moindre disponibilité du GNL qatari, liée à la situation à Ormuz, et par l’abandon progressif du GNL russe.
Gaz TTF : les investisseurs spéculatifs renforcent leur position longue nette de 7 %
Les investisseurs spéculatifs ont augmenté leur position longue nette sur le TTF de 14 TWh la semaine dernière pour atteindre 207 TWh, selon les données d’ICE publiées mercredi dernier, dans un contexte de perturbations de l’approvisionnement liées au conflit et de faibles stocks.
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Lancer mon comparatif énergieActualité énergie verte & transition
Renouvelables : Entre nouveaux projets et incertitudes sur l’hiver à venir
Inde : Engie vise 7 GW d’ici 2030 en renouvelables et batteries
Engie veut accélérer en Inde, qu’il voit comme un marché clé pour le solaire, l’éolien et le stockage après les réformes du marché électrique : ouverture d’une bourse de l’électricité et autorisation de la couverture financière. Le groupe vient d’achever 450 MW de solaire sur deux projets et exploite ou développe déjà 2 GW de capacités. Il prévoit de passer à 7 GW d’ici 2030, batteries comprises. Le principal point de vigilance reste le réseau de transport, qui limite parfois la production renouvelable, un problème que le groupe juge passager.
France : les développeurs de renouvelables se pressent avant la présidentielle
Les développeurs français de renouvelables se hâtent d’obtenir des contrats soutenus par l’État avant l’élection présidentielle de mai. Selon cet article de presse, ils redoutent un arrêt des nouveaux projets si Marine Le Pen l’emporte : elle a promis de stopper les nouveaux projets éoliens et solaires et critique le coût des aides publiques, qui ont dépassé 6 milliards d’euros l’an dernier. Le dernier appel d’offres pour les grandes centrales solaires a été souscrit près de six fois, avec des prix en baisse de 23 % en moyenne. Celui des projets plus petits a vu ses prix reculer de 15 %. Cette concurrence pèse sur les marges d’une filière qui réduit déjà ses coûts et ses effectifs. Certains acteurs se tournent vers le stockage par batteries ou vers l’étranger.
Royaume-Uni : le réseau freine l’éolien en mer
Le Royaume-Uni devrait manquer son objectif de 2030 pour l’éolien en mer, avec 30,9 GW attendus contre 43 à 50 GW visés. Les projets ne manquent pas : 9,3 GW sont en construction et 68,5 GW en autorisation. Mais le réseau de transport ne progressera que d’environ 10 % d’ici 2030, alors que le parc renouvelable plus que double. Dogger Bank, le plus grand projet au monde, devait démarrer en 2023 et n’est toujours pas en service. Les projets les plus touchés seraient décalés au début des années 2030 plutôt qu’abandonnés.
Europe : l’éolien reprend l’avantage sur le solaire dans les PPA
Au troisième trimestre, les prix des contrats d’achat d’électricité (PPA) éoliens se sont redressés, près de leur niveau de 2024, alors que ceux du solaire restent bas. Le solaire pèse sur les prix de la mi-journée, ce qui valorise l’éolien, dont la production est plus régulière. La hausse du gaz, liée aux tensions au Moyen-Orient, a aussi relevé les prix à terme et pousse de grands consommateurs à se couvrir avant l’hiver.
Croatie : un été de sécheresse record pour l’hydroélectricité
La production hydraulique croate a reculé de près de 14 % cet été, les apports en eau n’atteignant que 43 % de la normale, un plus bas historique. L’hydraulique n’a couvert qu’environ 15 % de la consommation d’électricité, contre 30 % au premier semestre. Le pays a dû importer l’équivalent de 26 % de sa demande estivale, pour un coût d’environ 249 millions d’euros. Seul le solaire a progressé nettement (+43 %), tandis que l’éolien a reculé de 7 % et que le gaz et le charbon ont augmenté de 17 %. La sécheresse a aussi touché jusqu’à la moitié des capacités nucléaires du sud-est de l’Europe, à cause de difficultés de refroidissement.