Décret tertiaire : obligations, échéances, webinar et conformité en 2026

centre commercial soumis au décret tertiaire
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Le décret tertiaire impose à tout bâtiment ou ensemble de bâtiments dont la surface tertiaire cumulée atteint 1 000 m² sur une même unité foncière de réduire sa consommation d’énergie finale de 40 % d’ici 2030, avec une déclaration annuelle sur OPERAT au 30 septembre. C’est le cumul par unité foncière qui déclenche l’obligation, et non chaque bâtiment pris isolément.

Le décret tertiaire n’est plus une perspective lointaine. L’attestation numérique OPERAT est obligatoire et opposable depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, la déclaration des consommations 2025 est due au 30 septembre 2026, et le premier contrôle national de l’objectif 2030 est fixé au 31 décembre 2031.

Ce guide répond à trois questions dans cet ordre : êtes-vous assujetti, que devez-vous faire  avant la prochaine échéance, et comment transformer cette obligation en levier de maîtrise de vos coûts d’énergie.

Comprendre le décret tertiaire : l’essentiel en 30 secondes

  • Le dispositif Éco Énergie Tertiaire, issu de l’article 175 de la loi ELAN, impose une réduction progressive des consommations énergétiques du parc tertiaire.
  • L’obligation s’applique aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², avec une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT de l’ADEME.
  • Objectifs : −40 % d’ici 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050, par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019.
  • Prochaine échéance : le 30 septembre 2026 pour la déclaration des consommations 2025 et le dépôt d’un éventuel Dossier Technique de Modulation.
  • L’attestation numérique OPERAT est obligatoire depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, avec affichage dans les locaux pour de nombreuses structures.
  • Propriétaires et locataires sont tous deux assujettis, avec une responsabilité partagée sur la transmission des données et les actions de réduction.
  • Sanctions : jusqu’à 1 500 € pour une personne physique, 7 500 € pour une personne morale, renouvelables chaque année, auxquelles s’ajoute la publication publique des contrevenants.
  • Une modulation des objectifs est possible en cas de contraintes techniques, patrimoniales ou de disproportion économique, via un dossier déposé sur OPERAT.
DateObligationRisque en cas de manquement
1ᵉʳ juillet 2026Attestation OPERAT obligatoire et affichageSanction administrative et publication sur le site de l’État
30 septembre 2026Déclaration des consommations 2025 et DTM si modulationAmende jusqu’à 7 500 € par site et perte du droit à la modulation
31 décembre 2031Contrôle ADEME de l’objectif −40 %Décote de l’actif immobilier, sanctions financières, mise en demeure

Qu’est-ce que le décret tertiaire ?

Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire, est issu de l’article 175 de la loi ELAN (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique). Entré en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2019, il oblige les propriétaires et les locataires de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² à réduire progressivement leur consommation d’énergie finale.

Le secteur tertiaire a été ciblé en priorité par le législateur pour une raison simple : il pèse une part majeure de la consommation énergétique nationale et environ 27 % des émissions de gaz à effet de serre en France, sur un parc dont une large partie a été construite avant toute exigence thermique sérieuse.

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Zoom sur l’article 175 de la loi ELAN, à l’origine du décret tertiaire

L’obligation de réduction des consommations du parc tertiaire n’est pas née en 2019. Elle est l’aboutissement de près de dix ans de construction législative, et connaître cette chronologie aide à comprendre pourquoi le dispositif a la forme qu’il a.

2010 — la loi Grenelle II pose le principe d’une obligation de rénovation énergétique pour les bâtiments à usage tertiaire.

2015 — la loi de transition énergétique pour la croissance verte (TECV) précise cette obligation en fixant l’objectif de réduire de 60 % les consommations énergétiques des bâtiments tertiaires à l’horizon 2050.

2017 — un premier décret d’application fixe un objectif de −25 % de consommation pour 2020. Il est annulé par le Conseil d’État, le délai laissé aux professionnels étant jugé trop court pour permettre une mise en conformité réaliste. C’est un épisode déterminant : il explique la progressivité et les mécanismes de modulation qui caractérisent le dispositif actuel.

23 novembre 2018 — la loi ELAN est promulguée. Portée par Jacques Mézard, alors ministre de la Cohésion des territoires, et Julien Denormandie, secrétaire d’État, elle reprend les principes du décret annulé. ELAN est une loi de portée large sur le logement et l’urbanisme, dont l’article 175 constitue le fondement du dispositif Éco Énergie Tertiaire.

1ᵉʳ octobre 2019 — le décret tertiaire entre en vigueur. Il concerne l’essentiel du parc tertiaire français, marchand et non marchand.

Un point souvent mal compris : les principes issus de la loi ELAN ne s’appliquent qu’au bâti existant. Les constructions neuves relèvent de la Réglementation environnementale RE2020 et sont soumises directement aux seuils en valeur absolue dès leur livraison, sans bénéficier d’une année de référence historique.

Enfin, une innovation qui structure tout le dispositif : pour la première fois, le législateur raisonne en consommation finale d’énergie plutôt qu’en performance théorique du bâti. C’est ce qui permet au décret de tenir compte de la diversité réelle du secteur tertiaire, où un data center et une école primaire n’ont ni les mêmes usages, ni les mêmes marges de réduction.

Qui est assujetti au décret tertiaire ?

Le critère de surface : le seuil des 1 000 m²

La réglementation s’applique dès lors que la surface de plancher cumulée dédiée à des activités tertiaires est supérieure ou égale à 1 000 m².

Ce seuil s’apprécie selon trois configurations distinctes :

  • Le bâtiment mono-activité : tout bâtiment hébergeant exclusivement des activités tertiaires sur une surface supérieure ou égale à 1 000 m².
  • Le bâtiment à usage mixte : toutes les parties d’un bâtiment partagé, par exemple avec de l’industriel ou du résidentiel, qui hébergent des activités tertiaires dont le cumul atteint ou dépasse 1 000 m².
  • L’unité foncière ou le site : un ensemble de bâtiments situés sur un même terrain, dès lors que la somme de leurs surfaces tertiaires atteint le seuil.

C’est la troisième configuration qui produit le plus d’erreurs d’appréciation, et nous y revenons plus bas.

Point important : le respect de l’obligation demeure même si, après l’entrée en vigueur du décret, la surface dédiée au tertiaire repasse sous la barre des 1 000 m². L’assujettissement est irréversible, afin de garantir la continuité des actions de réduction.

Qu’est-ce qu’une unité foncière ?

Une unité foncière est un îlot d’un seul tenant composé d’une ou plusieurs parcelles appartenant à un même propriétaire ou à la même indivision.

Concrètement : deux bâtiments de 600 m² situés sur un même site cumulent 1 200 m² et sont assujettis. Les mêmes deux bâtiments dans deux villes différentes ne le sont pas. Et les divisions cadastrales classiques ne sont pas prises en compte dès lors que deux parcelles jointes appartiennent au même propriétaire.

C’est la raison pour laquelle un raisonnement bâtiment par bâtiment conduit régulièrement à conclure à tort qu’on n’est pas concerné.

Un large spectre de secteurs d’activité

Le décret couvre la quasi-totalité du secteur tertiaire, marchand comme non marchand. Chaque assujetti doit identifier sa catégorie d’activité, car c’est elle qui détermine les objectifs en valeur absolue applicables :

  • Bureaux et administrations : sièges sociaux, centres d’appels, services publics.
  • Enseignement : écoles primaires, collèges, lycées, universités. C’est l’un des postes les plus importants de la surface assujettie au niveau national.
  • Commerce : boutiques de détail, grandes surfaces alimentaires, centres commerciaux.
  • Santé et médico-social : hôpitaux, cliniques, EHPAD — parmi les typologies les plus énergivores du parc.
  • Hôtellerie et restauration : hôtels, résidences de tourisme, restauration traditionnelle et collective.
  • Logistique et transport : plateformes logistiques, entrepôts chauffés ou climatisés, aérogares, gares.
  • Culture, sport et loisirs : musées, salles de spectacle, gymnases, centres aquatiques.
  • Services spécialisés : data centers, blanchisseries industrielles, imprimeries, centres d’exploitation informatique.

Les entreprises industrielles ne sont pas épargnées : si un site de production dispose de bureaux, de laboratoires ou de zones de stockage tertiaires dont la surface cumulée dépasse 1 000 m², ces surfaces entrent pleinement dans le périmètre du décret.

Propriétaires et locataires : une responsabilité partagée

Le décret désigne comme assujettis à la fois les propriétaires — occupants ou bailleurs — et les preneurs à bail. La transmission des données sur OPERAT suppose donc une coordination entre ces acteurs.

En règle générale, le bailleur transmet les données liées à l’enveloppe du bâtiment et aux systèmes techniques communs, tandis que le locataire déclare les consommations liées à ses usages propres et à son exploitation.

Dans le cas d’une copropriété, le syndic joue un rôle pivot : il centralise les informations de consommation des parties communes et coordonne les actions de performance énergétique à l’échelle de l’immeuble.

En pratique, cette répartition mérite d’être formalisée. Un avenant au bail précisant qui déclare quoi, et selon quel calendrier de transmission, évite les données incomplètes comme les doubles saisies.

Le cas particulier des bâtiments neufs

Le dispositif s’applique également aux constructions récentes, mais selon une logique différente.

Contrairement aux bâtiments existants, un bâtiment neuf à usage tertiaire doit immédiatement atteindre les seuils en valeur absolue définis par arrêté dès sa livraison, sans bénéficier d’une année de référence historique.

Les locaux tertiaires intégrés dans des programmes neufs mixtes — bureaux et commerces, par exemple — sont soumis aux mêmes exigences dès lors que la surface de plancher cumulée dépasse 1 000 m². Cette contrainte doit donc être anticipée dès la phase de conception, notamment en intégrant les solutions de comptage et de pilotage énergétique qui permettront de tenir la trajectoire dans la durée.

Quels bâtiments sont exemptés du décret tertiaire ?

Trois catégories bénéficient d’une exemption malgré le dépassement du seuil des 1 000 m², définies par le code de la construction et de l’habitation.

  • Les constructions provisoires ayant obtenu un permis de construire à titre précaire : leur durée d’exploitation limitée ne justifie pas d’investissements énergétiques lourds.
  • Les lieux de culte, en raison de leurs spécificités architecturales et de leurs contraintes patrimoniales.
  • Les bâtiments dédiés à la défense, à la sécurité civile ou à la sûreté intérieure du territoire, pour des motifs de confidentialité opérationnelle.

Ces exemptions restent limitées. La très grande majorité du parc tertiaire demeure assujettie.

Sur quoi porte exactement l’obligation ?

Le décret emploie le terme d’« actions » pour désigner l’ensemble des moyens permettant d’atteindre les objectifs. C’est un point essentiel, et souvent sous-estimé : la notion ne se limite pas aux travaux.

Sont reconnus comme actions :

  • les travaux de rénovation énergétique dans leur ensemble ;
  • l’installation de nouveaux équipements, y compris les dispositifs de contrôle et de gestion active ;
  • la révision des modalités d’exploitation des équipements existants ;
  • l’évolution des comportements des occupants et les gestes du quotidien.

Autrement dit, une part significative de la trajectoire peut se construire sans chantier : réglage des consignes, optimisation des plages de fonctionnement, maintenance raisonnée, pilotage des équipements, adaptation des usages. Ces leviers sont les premiers à mobiliser, parce qu’ils produisent des effets immédiats et mesurables.

Quels sont les objectifs du décret tertiaire ?

Les objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale sont les suivants :

  • −40 % d’ici 2030
  • −50 % d’ici 2040
  • −60 % d’ici 2050

Deux méthodes permettent de les atteindre : la valeur relative, exprimée en pourcentage de réduction par rapport à une année de référence, ou la valeur absolue, exprimée en kWh/m²/an et définie par arrêté selon la catégorie d’activité. Le choix de la méthode n’est pas neutre.

La méthode en valeur relative et le choix de l’année de référence

La méthode relative est l’approche de référence pour la majorité des assujettis. Elle calcule la réduction par rapport à une année de référence choisie librement entre 2010 et 2019, sur douze mois complets de consommation justifiée.

Un exemple concret : un bâtiment consommant 200 kWh/m²/an en 2015, année retenue comme référence, devra atteindre 120 kWh/m²/an en 2030 pour respecter l’objectif de −40 %.

L’avantage de cette méthode est qu’elle tient compte du profil historique réel de chaque site, là où les seuils absolus sont uniformisés par secteur. Son point critique est le choix de l’année : plus la consommation de référence est élevée, plus l’objectif est atteignable. Ce choix repose donc sur l’analyse de votre historique de consommation et sur la correction des variations climatiques. Un écart de quelques points sur l’année retenue se traduit par plusieurs années d’effort en moins ou en plus.

L’année de référence et ses consommations restent modifiables sur OPERAT jusqu’au 30 septembre 2026. Si vous avez retrouvé des factures historiques depuis votre première déclaration, c’est la dernière fenêtre pour optimiser votre trajectoire.

La méthode en valeur absolue (kWh/m²/an)

La seconde approche consiste à atteindre un seuil de consommation d’énergie finale exprimé en kWh par mètre carré et par an. Ce seuil est fixé par arrêté, en fonction de la performance des bâtiments récents de la même catégorie d’activité.

Elle est particulièrement pertinente pour les bâtiments déjà performants, dont la marge de réduction relative est faible mais qui respectent déjà, ou presque, le niveau absolu attendu de leur catégorie.

Comment connaître son objectif à atteindre

Le calcul croise votre catégorie d’activité, vos surfaces, votre historique de consommation, vos indicateurs d’intensité d’usage et la correction climatique. Il n’est pas trivial, et le choix entre les deux méthodes se fait au vu du résultat des deux calculs, pas avant.

C’est le rôle d’un energy manager : établir les deux hypothèses, et retenir celle qui donne la trajectoire la plus soutenable pour votre patrimoine. Chez Capitole Énergie, nous prenons en charge l’ensemble de la chaîne, du fichier patrimonial jusqu’à la déclaration, en passant par le calcul de l’objectif.

Les cas de modulation autorisés

Le décret prévoit un mécanisme d’ajustement des objectifs, dans trois situations.

  • Contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales : lorsque la configuration du bâtiment — structure porteuse, emprise au sol — ou des règles d’urbanisme liées à la protection du patrimoine empêchent la réalisation de certains travaux d’efficacité énergétique.
  • Disproportion économique : lorsque le coût des actions de réduction est manifestement excessif au regard des économies d’énergie générées. La démonstration s’appuie sur un temps de retour sur investissement dépassant les seuils fixés par la réglementation.
  • Changement de volume d’activité : si votre activité tertiaire s’intensifie — hausse du nombre d’occupants, extension des horaires d’ouverture — les objectifs peuvent être ajustés via les indicateurs d’intensité d’usage déclarés sur OPERAT.

La procédure passe obligatoirement par le dépôt d’un Dossier Technique de Modulation (DTM) sur OPERAT, avant le 30 septembre 2026 pour le premier cycle décennal. Ce dossier doit être établi par un bureau d’études ou un expert qualifié et comporter une étude énergétique complète, une analyse des leviers d’action et une justification argumentée des freins rencontrés.

Notre observation sur ce point : les dossiers qui aboutissent sont ceux qui raisonnent à l’échelle du patrimoine entier plutôt que bâtiment par bâtiment, parce qu’ils permettent de démontrer qu’un site contraint a été compensé par les efforts portés ailleurs.

Les dates clés du décret tertiaire : quelles sont les échéances ?

  • 1ᵉʳ octobre 2019 — entrée en vigueur du décret.
  • 1ᵉʳ juillet 2026 — fin de la phase transitoire et affichage obligatoire. Cette date marque la fin de la période de souplesse accordée pour la prise en main des outils numériques. L’attestation numérique annuelle générée par OPERAT devient le document de référence : elle doit être téléchargée et, pour de nombreuses structures, affichée publiquement dans les locaux. Cet affichage situe la performance du bâtiment par rapport aux objectifs, via la notation Éco Énergie Tertiaire.
  • 30 septembre 2026 — échéance annuelle de déclaration. Vous devez avoir transmis les données de consommation d’énergie finale de l’année 2025 avant cette date. Cette déclaration conditionne la validité de votre attestation et le suivi de votre trajectoire vers 2030.
  • 30 septembre 2026 — date limite de dépôt du Dossier Technique de Modulation. C’est l’échéance la plus stratégique de l’année : sans DTM validé, l’objectif de −40 % pour 2030 reste la norme stricte applicable à votre site, sans possibilité d’ajustement pour le premier cycle.
  • 31 décembre 2031 — premier contrôle national. C’est à cette date que l’ADEME vérifiera l’atteinte effective de l’objectif 2030. L’échéance paraît lointaine, mais elle se joue maintenant : une trajectoire ne se rattrape pas la dernière année.

Ce que vous devez avoir fait avant le 30 septembre

Pour sécuriser votre conformité : l’inventaire complet de vos entités fonctionnelles assujetties (EFA), et la fiabilisation de vos données de consommation 2025.

Si vous envisagez une modulation, l’anticipation est impérative — la constitution d’un DTM suppose des études énergétiques approfondies et des justificatifs chiffrés qui ne se produisent pas en quinze jours.

Conformité au décret tertaire : déclaration sur la plateforme OPERAT

OPERAT (Observatoire de la performance énergétique, de la rénovation et des actions du tertiaire) est la plateforme de l’ADEME sur laquelle chaque assujetti déclare ses consommations, chaque année, avant le 30 septembre.

Ce que la plateforme fait pour vous

OPERAT calcule automatiquement vos objectifs réglementaires, en croisant vos données de consommation avec les seuils définis par arrêté ministériel.

Chaque entité fonctionnelle assujettie déclarée génère une attestation numérique annuelle, obligatoire depuis l’arrêté du 1ᵉʳ août 2025. Cette attestation matérialise votre avancement et sert de justificatif lors d’un contrôle, d’une vente ou d’une mise en location.

Les données à renseigner par EFA

  • Données administratives : adresse, SIRET, surfaces par activité tertiaire, statut d’assujettissement — propriétaire occupant ou preneur à bail.
  • Consommations énergétiques annuelles, cœur de la déclaration : électricité, gaz naturel, réseaux de chaleur, combustibles, ventilés par type d’énergie et par usage.
  • Indicateurs d’intensité d’usage, qui permettent d’ajuster les objectifs selon l’évolution réelle de l’activité. La consommation liée à la recharge de véhicules électriques et hybrides rechargeables doit être sous-comptabilisée lorsque des bornes sont installées sur site.

Déléguer sa déclaration

La transmission peut être confiée à un prestataire ou à un gestionnaire de réseau. L’API mise en place par l’ADEME depuis 2023 permet d’automatiser ces échanges depuis un logiciel d’energy management, ce qui supprime la saisie manuelle — et les erreurs de recopie qu’elle génère.

Pour le détail de la procédure, les erreurs de saisie les plus fréquentes et la notation Éco Énergie Tertiaire, consultez notre guide de la déclaration OPERAT.

Ce qui a changé en 2026

L’année 2026 marque l’entrée en vigueur opérationnelle des dispositions de l’arrêté du 1ᵉʳ août 2025, publié au Journal officiel le 6 septembre 2025. Quatre évolutions concrètes.

  • Le référentiel des valeurs absolues est complet. L’arrêté définit les dernières valeurs absolues, dites « VI », pour les secteurs qui restaient en attente : commerces de détail, audiovisuel, services funéraires, banques et certaines sous-catégories de bureaux. L’ensemble du parc assujetti est désormais couvert par un référentiel réglementaire.
  • L’attestation numérique OPERAT est généralisée. La plateforme génère automatiquement un document standardisé après chaque validation de données, intégrant la note Éco Énergie Tertiaire — de une à trois feuilles — calculée après correction des variations climatiques. La phase transitoire qui autorisait encore une certaine souplesse est révolue depuis le 1ᵉʳ juillet 2026 : l’évaluation et l’affichage public de ces performances sont obligatoires pour les sites concernés.
  • Les bâtiments publics sont alignés sur le privé. Collectivités, universités, hôpitaux : mêmes exigences de rigueur, avec des contrôles accrus des DREAL.
  • OPERAT intègre des fonctions de benchmark. Il est désormais possible de comparer la performance d’une entité fonctionnelle à la moyenne de sa catégorie d’activité — ce qui augmente la pression sur les sites en retard, et donne un argument aux autres.

Vos obligations concrètes en 2026

  • La déclaration annuelle des consommations reste la première. Vous devez transmettre sur OPERAT les données de l’année 2025 avant le 30 septembre 2026. C’est cette démarche qui garantit la validité de votre attestation annuelle. Une omission ou une erreur de saisie fausse votre trajectoire et dégrade votre notation publique, avec un effet direct sur la valeur verte de vos actifs.
  • La mise à jour de vos données structurelles est cruciale cette année. L’affinage des typologies d’activités introduit par l’arrêté de 2025 conduit de nombreux assujettis à revoir leur découpage par bâtiment ou par entité fonctionnelle, pour vérifier que les valeurs absolues appliquées sont les bonnes. C’est aussi l’ultime fenêtre pour ajuster votre année de référence.
  • L’obligation d’attestation et d’affichage est effective. Pour les bâtiments recevant du public ou appartenant à des structures étatiques, la note Éco Énergie Tertiaire doit être visible. Il ne s’agit plus seulement de déclarer, mais de démontrer que les actions engagées produisent des résultats en phase avec l’échéance 2030.

Comment se mettre en conformité : la méthode et les erreurs à éviter

La mise en conformité repose sur trois étapes : l’inventaire, la fiabilisation, l’action.

Définir précisément son périmètre d’assujettissement

L’erreur la plus répandue concerne le périmètre de déclaration. Beaucoup d’assujettis raisonnent sur les bâtiments de plus de 1 000 m² pris isolément. Or c’est la somme des surfaces par unité foncière qui détermine l’assujettissement. Cet angle mort peut conduire à une absence de déclaration, et donc à une sanction, sur des sites qu’on croyait hors périmètre.

Seconde source d’erreur : la confusion des responsabilités entre propriétaires et locataires, qui mène soit à des données incomplètes, soit à des doubles saisies sur OPERAT.

Un audit initial sécurise ce périmètre et identifie chaque entité fonctionnelle devant faire l’objet d’un reporting.

Fiabiliser ses données de consommation

La collecte manuelle des factures montre vite ses limites, surtout sur un parc multi-sites. Les dispositifs de comptage et les logiciels d’energy management permettent d’automatiser la remontée via les gestionnaires de réseau.

Le piège suivant est l’absence de pilotage dynamique. Se contenter d’une déclaration annuelle sans suivre ses consommations au mois revient à ne détecter une dérive — une climatisation mal réglée, une fuite énergétique, une programmation horaire oubliée — qu’au moment du bilan. Vous perdez alors une année entière sur votre objectif. Le décret tertiaire n’est pas une taxe à acquitter : c’est un outil de gestion, qui suppose une gestion active.

Avant chaque déclaration, vérifiez les données de base : adresses, SIRET, surface de plancher cumulée par catégorie d’activité, statut d’assujettissement. Cette précision conditionne le calcul d’une consommation d’énergie finale juste, dont peuvent être déduites la recharge des véhicules électriques et la chaleur fatale, comme le permet la réglementation afin de ne pas pénaliser les efforts de décarbonation.

Élaborer un schéma directeur énergétique

Ne miser que sur les éco-gestes est un pari risqué. La sensibilisation est un levier peu coûteux et efficace à court terme, mais elle ne produira pas les −50 % de 2040 ni les −60 % de 2050.

L’angle mort ici est l’anticipation des travaux lourds. Ne pas intégrer la rénovation énergétique dans les cycles de maintenance naturelle du bâtiment — ravalement de façade, remplacement de chaufferie, réfection de toiture — condamne à des investissements d’urgence bien plus onéreux à l’approche des contrôles.

Le plan d’action doit prioriser les investissements à meilleur temps de retour : isolation thermique, équipements performants de régulation CVC, éclairage LED, et système de gestion technique du bâtiment (GTB) — désormais obligatoire au titre du décret BACS dès 70 kW de puissance nominale, avec une échéance au 1ᵉʳ janvier 2027 pour la tranche 70-290 kW.

Les actions de sobriété immédiates — réglage des consignes de température, sensibilisation des occupants, adaptation des locaux à un usage économe — restent cependant le premier levier mobilisable sans investissement lourd.

Sanctions et contrôles : au-delà de l’amende

En cas de non-respect, la procédure se déroule en trois temps.

  • La mise en demeure par le préfet est adressée à l’assujetti défaillant.
  • Les sanctions financières s’appliquent en l’absence de régularisation : jusqu’à 1 500 € par bâtiment pour une personne physique, jusqu’à 7 500 € pour une personne morale, renouvelables chaque année tant que la non-conformité persiste.
  • Le « name and shame » est le mécanisme le plus redouté : en cas d’absence de déclaration ou de non-atteinte des objectifs sans justification recevable, le nom de l’entreprise est publié sur un site étatique. Dans un contexte où les critères ESG sont scrutés par les investisseurs, les clients et les candidats, cette publicité négative pèse plus lourd que l’amende.

Le risque réputationnel se double d’un enjeu patrimonial. L’attestation annuelle et sa note en feuilles s’installent comme un indicateur de performance extra-financière standard. Un mauvais score signale un actif obsolète, plus difficile à louer et à revendre. À l’inverse, une bonne note valorise le patrimoine et rassure les partenaires bancaires dans le cadre de financements verts.

L’impact financier indirect est probablement le plus lourd de tous : un bâtiment non conforme subit une décote sur le marché immobilier, indépendamment de toute sanction administrative.

Enfin, l’absence de pilotage énergétique expose de plein fouet à la volatilité des marchés. En 2026, avec la hausse des tarifs d’acheminement et l’évolution de la fiscalité énergétique, le coût de l’inaction dépasse largement celui de la mise en conformité.

Décret tertiaire et contrat d’énergie : pourquoi les traiter ensemble

La plupart des entreprises traitent la conformité au décret tertiaire et la gestion de leurs contrats d’énergie comme deux sujets distincts, souvent portés par deux interlocuteurs différents. C’est une erreur d’organisation, pour une raison simple : les deux reposent sur exactement les mêmes données.

Les mêmes données de comptage servent à la déclaration et à la négociation

Pour déclarer sur OPERAT, vous devez reconstituer vos consommations d’énergie finale par bâtiment, par usage et par type d’énergie, sur douze mois complets, avec un historique remontant à votre année de référence.

Pour préparer un appel d’offres ou une renégociation de contrat, un courtier construit précisément le même jeu de données : périmètre des points de livraison, volumes par site, profils de consommation, historique pluriannuel.

Une entreprise qui mène les deux chantiers séparément fait donc deux fois le même travail de collecte. Et le fait souvent mal la première fois : une déclaration OPERAT se remplit volontiers à partir des factures, alors qu’une stratégie d’achat se construit sur les courbes de charge. Les factures donnent un total mensuel ; les courbes de charge disent quand vous consommez — ce qui représente une part déterminante du prix que vous payez.

Ce que la fiabilisation révèle, et que la facture ne montre pas

C’est l’aspect le plus mal connu du dispositif : la phase de fiabilisation imposée par le décret se transforme presque toujours en audit de vos contrats. Voici ce que nous constatons le plus régulièrement en constituant le périmètre d’assujettissement d’un client.

  • Des puissances souscrites décalées de l’usage réel, héritées d’une configuration antérieure du bâtiment — un atelier devenu bureaux, une extension jamais suivie d’un ajustement contractuel.
  • Des points de livraison actifs sur des surfaces qui ne sont plus exploitées, ou oubliés lors d’un déménagement. Le décret oblige à cartographier le parc bâtiment par bâtiment : c’est souvent à ce moment-là qu’ils réapparaissent.
  • Des écarts entre les surfaces déclarées au bail et les surfaces réellement occupées, qui faussent le ratio kWh/m² sur lequel repose tout l’objectif en valeur absolue.
  • Des consommations de parties communes refacturées deux fois, entre la charge locative et le contrat direct, sur des sites multi-occupants.
  • Des erreurs d’application de taxes ou de tarif d’acheminement, invisibles tant que les factures ne sont pas consolidées à l’échelle du parc plutôt que site par site.

Aucune de ces situations ne se voit sur une facture prise isolément. Toutes se voient quand on consolide — c’est-à-dire exactement l’exercice que le décret vous oblige à faire.

Articuler la conformité avec la fenêtre de renouvellement

Le calendrier joue en votre faveur, à condition d’y penser à temps. La déclaration OPERAT est due au 30 septembre. Les renouvellements de contrats d’électricité et de gaz se préparent à l’automne, pour une prise d’effet au 1ᵉʳ janvier. Les données consolidées pour la première échéance sont donc disponibles, à jour et fiabilisées au moment exact où il faut lancer la seconde.

Il y a plus. Une trajectoire de réduction ne se négocie pas comme un volume stable. S’engager sur plusieurs années à volume constant alors que vous visez −40 % à 2030 vous expose à des clauses que vous n’aurez pas anticipées : conditions de flexibilité, pénalités de sous-consommation, modalités de révision. La question à poser avant de signer n’est pas seulement « quel prix », mais « que se passe-t-il si je consomme significativement moins que ce que j’ai engagé ». Le décret tertiaire garantit que ce cas se produira.

Ce qu’un courtier apporte que ni un bureau d’études ni un comparateur ne peut apporter

Un bureau d’études voit le bâtiment : son enveloppe, ses équipements, ses gisements de travaux. Un comparateur voit le prix affiché du kWh.

Notre position est différente. Nous voyons passer les consommations réelles et les offres réelles, sur des parcs entiers et sur plusieurs cycles de renouvellement. C’est ce qui nous permet de dire, sur une situation précise, si l’écart entre la consommation actuelle et l’objectif 2030 se comble par de la gestion contractuelle, par du pilotage ou par des travaux — et dans quel ordre les engager.

Un doute sur votre périmètre ou sur votre trajectoire ? Nous le vérifions avec vous en 30 minutes.

Financer sa mise en conformité au décret tertiaire

Atteindre les objectifs du décret ne suppose pas nécessairement des investissements lourds : les leviers de gestion produisent des résultats immédiats sans chantier. Mais les paliers de 2040 et 2050 ne s’atteindront pas sans travaux, et plusieurs dispositifs permettent d’en réduire le coût.

Financer un diagnostic et un système de management de l’énergie

L’ADEME propose des aides couvrant la phase de diagnostic des performances énergétiques, ainsi que la mise en place d’un système de management de l’énergie (SME). C’est le point d’entrée logique : le diagnostic sert à la fois à établir votre périmètre d’assujettissement et à prioriser vos actions. Les dispositifs et leurs conditions évoluent régulièrement — vérifiez les modalités en vigueur sur ademe.fr.

Les certificats d’économies d’énergie (CEE)

Le mécanisme des CEE repose sur un principe de pollueur-payeur : les fournisseurs d’énergie, dits « obligés », doivent justifier d’un volume d’économies d’énergie réalisées chez leurs clients, et financent pour cela une partie de leurs travaux. Le volume à atteindre est fixé par le ministère par période pluriannuelle, et les opérations éligibles sont référencées par secteur dans un catalogue d’opérations standardisées.

Concrètement, les CEE peuvent couvrir une part substantielle d’un projet d’éclairage LED, de régulation CVC ou d’installation de GTB. La fiche dédiée aux systèmes de gestion technique du bâtiment en fait le levier naturel de financement de votre conformité au décret BACS.

Le mécanisme, les opérations éligibles et les évolutions de la 6ᵉ période sont détaillés dans notre dossier consacré aux CEE.

Le Fonds Chaleur

L’ADEME soutient financièrement les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables et de récupération : raccordement à un réseau de chaleur, biomasse, géothermie, solaire thermique, récupération de chaleur fatale.

Un projet de ce type se prépare dans l’ordre : caractériser le besoin réel du périmètre, identifier la ressource disponible localement, puis conduire l’analyse financière et environnementale. C’est un dispositif adapté aux sites à forte demande thermique, nettement moins aux bureaux standards.

Le Prêt Éco-Énergie de BPI France

Ce prêt finance les projets de rénovation énergétique portant sur l’éclairage, le chauffage, la climatisation, le froid et la motorisation électrique. Il s’adresse aux TPE et PME ayant plus de trois ans d’activité, sous condition de santé financière. Montants, durée et taux évoluent : consultez bpifrance.fr pour les conditions en vigueur.

Les aides locales

Régions, métropoles et départements disposent de leurs propres dispositifs, souvent mal connus et parfois cumulables avec les précédents. Le réflexe utile est de solliciter votre CCI, qui tient à jour le panorama des aides accessibles sur votre territoire.

Ce que le financement ne résout pas

Un point de méthode, pour finir. Les dispositifs ci-dessus financent des travaux. Ils ne financent ni la fiabilisation de vos données, ni votre déclaration, ni le calcul de votre objectif — qui sont pourtant les trois étapes où se joue l’essentiel de votre conformité, et les seules à avoir une échéance au 30 septembre.

Les obligations connexes à ne pas confondre

Le décret BACS : l’obligation d’équiper vos bâtiments d’une GTB

Le décret BACS impose l’installation d’un système d’automatisation et de contrôle — une GTB — dans les bâtiments tertiaires dont la puissance nominale de chauffage, climatisation ou ventilation dépasse 70 kW. Les deux textes sont complémentaires, et le plus souvent cumulatifs, mais ils ne reposent pas sur le même critère.

Décret tertiaireDécret BACS
Critère d’assujettissementSurface tertiaire ≥ 1 000 m²Puissance nominale CVC > 70 kW
Nature de l’obligationObjectif de résultat (−40 % en 2030)Obligation de moyen (installer une GTB)
Prochaine échéanceDéclaration au 30 septembre 20261ᵉʳ janvier 2027 pour la tranche 70-290 kW
Support de déclarationPlateforme OPERATAucun, mais inspections périodiques

La plupart des bâtiments dépassant 1 000 m² de surface tertiaire dépassent aussi 70 kW de puissance CVC : les deux obligations se cumulent, et se traitent dans une même démarche de comptage.

Notre dossier complet sur le décret BACS.

L’audit énergétique réglementaire

Distinct du décret tertiaire, l’audit énergétique obligatoire repose sur un critère de consommation annuelle et non de surface. Une entreprise peut être soumise aux deux dispositifs — et là encore, les mêmes données de comptage servent aux deux.

Notre guide de l’audit énergétique obligatoire.

Décret tertiaire : les spécificités par secteur d’activité

Les objectifs en valeur absolue sont fixés par catégorie d’activité. Un établissement d’enseignement, un hôtel et une plateforme logistique ne partent pas du même seuil et ne disposent pas des mêmes leviers de réduction. Nos analyses sectorielles :

  • Écoles, collèges, lycées et universités — l’enseignement représente l’une des plus grosses parts de la surface assujettie au niveau national, et près de la moitié des établissements ne sont pas encore déclarés sur OPERAT.

De la contrainte réglementaire au levier de performance

Le décret tertiaire est perçu comme une contrainte. Il ouvre en réalité une opportunité d’optimisation que peu d’entreprises exploitent.

En scrutant chaque kWh consommé, on découvre presque toujours des gisements d’économies : contrats mal calibrés, équipements énergivores maintenus par habitude, erreurs de facturation. Cette rigueur budgétaire compte d’autant plus dans un marché de l’énergie instable.

C’est aussi un outil de maîtrise des risques et de valorisation des actifs. Un bâtiment performant est un bâtiment résilient face aux crises énergétiques comme aux évolutions législatives à venir. En anticipant les seuils de 2040 et 2050 dès maintenant, vous sécurisez la valeur de revente de votre patrimoine et vous attirez des locataires eux-mêmes soumis à des exigences de bilan carbone. La notation OPERAT devient, de fait, un label de qualité immobilière.

Capitole Énergie vous accompagne sur l’ensemble de la chaîne : périmètre, année de référence, déclarations OPERAT, stratégie d’atteinte des objectifs et pilotage dans la durée.

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Qui est concerné par le décret tertiaire ?

Les propriétaires — occupants ou bailleurs — et les preneurs à bail de bâtiments à usage tertiaire dont la surface d’exploitation cumulée atteint 1 000 m². Entreprises privées, collectivités, services de l’État et établissements publics sont tous concernés. Seules les constructions provisoires, les lieux de culte et les bâtiments de défense et de sécurité sont exemptés.

À partir de quelle surface le décret tertiaire s’applique-t-il ?

À partir de 1 000 m² de surface de plancher dédiée à des activités tertiaires. Ce seuil s’apprécie en cumulé : un bâtiment d’un seul tenant, plusieurs bâtiments sur une même unité foncière, ou des parties de bâtiments exploitées par un même assujetti.

Comment se calcule la surface de 1 000 m² ?

En additionnant les surfaces de plancher dédiées aux activités tertiaires sur une même unité foncière, toutes catégories d’activité confondues. Un site industriel dont les bureaux, laboratoires et zones de stockage tertiaires cumulent plus de 1 000 m² est assujetti sur ces surfaces.

Qu’est-ce qu’une unité foncière ?

Un îlot d’un seul tenant composé d’une ou plusieurs parcelles appartenant à un même propriétaire ou à la même indivision. Deux bâtiments de 600 m² sur un même site cumulent 1 200 m² et sont assujettis ; les mêmes bâtiments dans deux villes différentes ne le sont pas.

Le décret tertiaire s’applique-t-il au propriétaire ou au locataire ?

Aux deux. Le bailleur transmet généralement les données liées à l’enveloppe et aux systèmes techniques communs, le locataire celles liées à ses usages propres. La répartition gagne à être formalisée par un avenant au bail.

Quels bâtiments sont exemptés du décret tertiaire ?

Les constructions provisoires ayant obtenu un permis à titre précaire, les lieux de culte, et les bâtiments dédiés à la défense, à la sécurité civile ou à la sûreté intérieure du territoire.

Quelle année de référence choisir, et entre quelles dates ?

Entre 2010 et 2019, sur douze mois complets de consommation justifiée. Le choix est stratégique : plus la consommation de référence est élevée, plus l’objectif est atteignable. Elle reste modifiable sur OPERAT jusqu’au 30 septembre 2026.

Valeur absolue ou valeur relative : quelle méthode choisir ?

La méthode relative convient à la majorité des assujettis, car elle tient compte du profil historique du site. La valeur absolue est souvent plus favorable aux bâtiments déjà performants. Le choix se fait après avoir calculé les deux hypothèses, pas avant.

Quelle est la date limite de déclaration sur OPERAT en 2026 ?

Le 30 septembre 2026, pour les consommations de l’année 2025. C’est également la date limite de dépôt d’un Dossier Technique de Modulation et de modification de l’année de référence.

Qu’est-ce que l’attestation numérique OPERAT et faut-il l’afficher ?

C’est le document généré automatiquement par la plateforme après validation de vos données. Il intègre la note Éco Énergie Tertiaire, de une à trois feuilles. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, elle est obligatoire et opposable, avec affichage dans les locaux pour de nombreuses structures, et doit être fournie lors d’une vente ou d’une location.

Peut-on faire moduler ses objectifs, et comment ?

Oui, dans trois cas : contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ; disproportion économique établie par le temps de retour sur investissement ; changement de volume d’activité. La modulation passe par le dépôt d’un Dossier Technique de Modulation sur OPERAT, établi par un bureau d’études, avant le 30 septembre 2026.

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?

Après mise en demeure du préfet : jusqu’à 1 500 € par bâtiment pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, renouvelables annuellement. S’y ajoute la publication du nom de l’entreprise sur un site étatique, dont l’impact réputationnel est généralement plus redouté que l’amende.

Que se passe-t-il si la surface tertiaire repasse sous 1 000 m² ?

L’obligation demeure. L’assujettissement est irréversible dès lors que le seuil a été atteint après l’entrée en vigueur du décret, afin de garantir la continuité des actions de réduction.

Quelle est la différence entre le décret tertiaire et le décret BACS ?

Le décret tertiaire repose sur un critère de surface (1 000 m²) et fixe un objectif de résultat. Le décret BACS repose sur un critère de puissance (70 kW de CVC) et impose un moyen technique : l’installation d’une GTB. Les deux se cumulent le plus souvent.

Peut-on déléguer sa déclaration OPERAT à un prestataire ?

Oui. La transmission peut être confiée à un prestataire ou à un gestionnaire de réseau, et l’API de l’ADEME permet de l’automatiser depuis un logiciel d’energy management.

Quelle loi encadre le décret tertiaire ?

Le décret tertiaire découle de l’article 175 de la loi ELAN — Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique — promulguée le 23 novembre 2018. Le décret d’application est entré en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2019, et le dispositif est codifié au code de la construction et de l’habitation.

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Auteur.rice de cet article

Mylène PROST
Chez Capitole Énergie depuis fin 2021, Mylène supervise les services opérationnels et accompagne quotidiennement les acheteurs d'énergie professionnels. Son expérience de terrain lui confère une connaissance approfondie des enjeux liés à l'achat d'électricité et de gaz, à l'optimisation des contrats et aux évolutions du marché. Elle apporte ainsi aux contenus du blog une expertise opérationnelle directement issue des réalités du terrain.

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